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12/01/2017 05:17 EST | Actualisé 13/01/2018 00:12 EST

Pouvoirs présidentiels: les députés turcs en viennent aux mains

Le députés turcs en sont venus aux mains tôt jeudi lors de l'adoption par le Parlement de trois articles du projet de réforme constitutionnelle visant à étendre les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan.

Des images étaient largement diffusées jeudi montrant les députés des camps opposés se battre et se lancer des chaises au cours d'une session nocturne.

Ce projet de présidentialisation du système politique turc divise profondément le Parlement, l'opposition dénonçant une dérive autoritaire du président Erdogan.

Ce à quoi le parti islamo-conservateur au pouvoir, l'AKP, rétorque qu'un système présidentiel est nécessaire pour assurer la stabilité au sommet de l'Etat et qu'il permettrait de s'aligner sur les systèmes en vigueur en France ou aux Etats-Unis.

Une vidéo montre notamment un député saisir par le cou un autre parlementaire, et des coups de poings distribués à la volée. Une photo dévoile par ailleurs les dégâts causés à la base du pupitre du Parlement.

Le président Erdogan a exprimé jeudi sa confiance en l'adoption de la réforme.

"Il n'y a rien à gagner à retarder les travaux du Parlement", a-t-il déclaré jeudi lors d'une rencontre avec des élus locaux à Ankara.

"Si vous avez le moindre respect pour le peuple, si vous croyez en sa volonté (...) alors laissez se dérouler les négociations et laissez (le projet de réforme constitutionnelle) être soumis au peuple", a-t-il ajouté.

Au cours de cette session mouvementée, trois des 18 articles du projet de réforme ont été approuvés par le Parlement.

Ces articles portent sur le passage de 25 à 18 ans de l'âge d'éligibilité pour les députés, la tenue des élections législatives tous les cinq ans -contre quatre actuellement -, et sur la redéfinition des pouvoirs du Parlement.

Deux articles avaient déjà été adoptés mardi, concernant le système judiciaire et le passage de 550 à 600 députés.

"La conséquence si (le projet de réforme) ne passe pas, serait la tenue d'élections anticipées", a mis en garde jeudi le président de la commission constitutionnelle, Mustafa Sentop.

"Ce pourrait être au printemps, en automne, n'importe quand", a dit ce député AKP à l'agence progouvernementale Anadolu.

Le vote en deux lectures du texte doit durer deux semaines, sans interruption. Il doit obtenir 330 voix pour pouvoir être soumis à référendum.

L'AKP et la formation de droite nationaliste MHP, qui soutient le texte, disposent ensemble d'un total de 355 voix.

Les députés du Parti républicain des Peuples (CHP, social-démocrate) n'ont pas pris part au vote mercredi, alors que le vote est déjà boycotté par le Parti démocratique des Peuples (HDP, prokurde).

Une décision prise par le HDP pour protester contre l'arrestation d'une dizaine de ses députés, dont ses co-présidents, accusés de soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

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