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12/01/2017 02:42 EST | Actualisé 13/01/2018 00:12 EST

Pakistan: un cinquième militant des droits de l'Homme porté disparu

Un militant des droits de l'Homme, le cinquième ce mois-ci, a été porté disparu, ont indiqué jeudi ses collègues au Pakistan où l'ONU a appelé à faire de l'enquête sur ces disparitions une "priorité urgente".

Samar Abbas, dirigeant de la petite organisation Alliance civile progressiste, a disparu dans des circonstances mystérieuses samedi à Islamabad, selon Talib Raza, également membre de cette organisation.

M. Abbas, salarié dans l'informatique, avait crée cette organisation pour "protéger les droits des minorités" et "lutter contre les activités des groupes extrémistes interdits", a indiqué M. Raza, précisant que l'organisation avait pris part à des manifestations en faveur des droits des minorités.

Il a dénoncé ce qui "ressemble à une tentative organisée de faire taire les voix des progressistes et libéraux dans le pays".

Quatre blogueurs de gauche ont déjà été portés disparus en janvier, laissant craindre une campagne de répression contre les libéraux sur les réseaux sociaux, un fief de la liberté d'expression dans un pays où la presse est sous pression.

Salman Haider, poète et universitaire, et les blogueurs Waqas Goraya, Asim Saeed et Ahmed Raza Naseer, tous militants des droits de l'Homme et de la laïcité et critiques de l'armée et du gouvernement, ont disparu dans plusieurs villes pakistanaises.

Pour l'ONG Human Rights Watch, la quasi simultanéité des disparitions laisse craindre une implication d'agents étatiques.

Le gouvernement a démenti toute implication, et le ministre l'Intérieur Chaudhry Nisar Ali Khan a affirmé mardi au Sénat que les autorités s'employaient à retrouver les disparus.

Selon les groupes de défense des droits de l'Homme, les militants de la société civile comme les journalistes se trouvent régulièrement mis sous pression à la fois par les services de sécurité et les groupes extrémistes armés, dont les talibans.

Les Nations unies et Amnesty International ont aussi exprimé leur inquiétude.

"Aucun gouvernement ne devrait tolérer les attaques contre ses citoyens", a réagi le rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté d'expression, David Kaye, appelant à faire de l'enquête sur ces disparus "une priorité urgente".

Le Pakistan, où les défenseurs des droits de l'Homme accusent les services de sécurité d'avoir fait disparaître des centaines de personnes, est aussi régulièrement classé comme l'un des pays les plus dangereux pour les journalistes. Critiquer l'armée y est particulièrement risqué.

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