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12/01/2017 04:04 EST | Actualisé 13/01/2018 00:12 EST

Pakistan: suspension de l'exécution d'un nouveau malade mental

La justice pakistanaise a suspendu jeudi l'exécution d'un condamné à mort schizophrène, ont indiqué ses avocats, quelques mois après que la Cour suprême a suspendu l'exécution d'un autre prisonnier reconnu comme malade mental.

Khizar Hayat, un ancien policier de 55 ans condamné en 2003 pour avoir tué un collègue, devait être exécuté mardi. Il a été diagnostiqué schizophrène par des médecins gouvernementaux en 2008.

Les Nations unies ont par le passé appelé le Pakistan à respecter les droits des malades mentaux détenus, citant spécifiquement le cas de M. Hayat.

L'organisation de lutte contre la peine de mort Justice Project Pakistan (JPP), qui conseille M. Hayat, a indiqué que son avocat avait fait appel de la condamnation en septembre 2015 au vu de son état mental.

Les autorités pénitentiaires ont néanmoins obtenu un arrêt de mort, programmant son exécution le 17 janvier.

Mais la Haute cour de Lahore a suspendu l'exécution jusqu'au 30 janvier, a indiqué JPP dans un communiqué, précisant que la Cour avait estimé "injuste" de ne pas attendre la décision la Cour suprême concernant un autre malade mental menacé d'exécution.

Ce dernier, Imdad Ali, dont la pendaison avait été annoncée en octobre, avait finalement obtenu un sursis de dernière minute, la Cour suprême ayant estimé "inapproprié" d'exécuter quelqu'un dans son état. Aucune décision définitive n'a encore été prise dans son cas.

JPP a appelé la Cour suprême à édicter la façon dont la loi doit être appliquée aux condamnés malades mentaux, afin d'éviter de nouveaux cas.

Le Pakistan, qui a levé fin 2014 le moratoire sur la peine de mort en réaction à un assaut taliban meurtrier contre une école, a depuis pendu quelque 420 prisonniers, devenant l'un des pays au monde recourant le plus à la peine de mort.

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