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12/01/2017 08:27 EST | Actualisé 13/01/2018 00:12 EST

Monténégro: remise en liberté d'un journaliste après 15 mois de détention

Un journaliste d'investigation monténégrin, Jovo Martinovic, a été remis en liberté provisoire après 15 mois de détention, accusé par la justice de son pays d'appartenir à un réseau de trafic de drogue, ce qu'il réfute, a indiqué jeudi son avocat.

La détention de ce journaliste qui collabore avec plusieurs médias occidentaux a suscité la condamnation d'ONG internationales, dont notamment de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

"Le tribunal a finalement décidé d'accepter notre demande (de remise en liberté), après de nombreux refus", a déclaré à l'AFP l'avocat du journaliste, Mitar Mugosa.

Jovo Martinovic a été arrêté en octobre 2015 avec 17 autres suspects. Il risque jusqu'à dix ans de prison. Il doit comparaître le 19 janvier.

Le journaliste rejette les accusations du parquet et affirme que ces contacts avec les milieux criminels étaient uniquement professionnels, pour son travail de journaliste.

Il travaillait sur le gang international des "Pink Panthers", composé de braqueurs de l'ex-Yougoslavie, auquel on attribue une centaine d'attaques de bijouteries dans le monde. Il affirme avoir ainsi fait connaissance de Dusko Martinovic, principal accusé dans l'affaire.

Ce dernier, avec lequel le journaliste n'a pas de liens de parenté, a plaidé coupable en octobre et disculpé le journaliste.

"J'ai rencontré le journaliste Jovo Martinovic en 2012 lorsque je purgeais une peine dans la prison de Spuz (sud). Il m'a rendu visite en prison à plusieurs reprises avec un réalisateur des Etats-Unis pour parler du tournage d'un documentaire et d'une fiction sur ma vie et sur des peines de prison que je purgeais en France", a déclaré Dusko Martinovic devant la cour.

Membre du gang des "Pink Panthers", Dusko Martinovic a été condamné en 2009 par la justice française à 15 ans de réclusion pour un vol à main armée de deux millions d'euros de bijoux en 2005 à Saint-Tropez (sud-est).

En septembre, l'ONG Human Rights Watch avait déploré le maintien en détention du journaliste "à la suite d'accusations peu crédibles".

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