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12/01/2017 09:37 EST | Actualisé 13/01/2018 00:12 EST

Le futur chef du Pentagone méfiant vis-à-vis de la Russie

Le futur secrétaire à la Défense américain James Mattis a affiché jeudi une grande méfiance vis-à-vis de la Russie, malgré la volonté affichée du président élu Donald Trump de réchauffer les relations avec le Kremlin.

"J'ai des attentes très modestes dans les domaines de coopération (possibles) avec M. Poutine", a déclaré jeudi l'ancien général des Marines lors de son audition de confirmation devant le Sénat américain.

Le général Mattis est le deuxième futur responsable de l'administration américaine à mettre en garde contre tout angélisme en ce qui concerne les relations avec la Russie.

Mercredi, Rex Tillerson, l'ancien PDG d'Exxon Mobil nommé chef de la diplomatie, avait dénoncé "le danger" russe pour l'Europe, et assuré que Russes et Américains ne seraient "jamais amis".

Le président élu Donald Trump a suscité l'inquiétude dans le camp républicain en affichant son intention de réchauffer les relations américano-russe, n'hésitant pas à exprimer son admiration pour Vladimir Poutine.

James Mattis "soutient" cette volonté de relancer le dialogue avec le Kremlin. Mais "nous devons aussi reconnaître la réalité et ce dont la Russie est capable", a-t-il expliqué aux sénateurs.

"Il y a de moins en moins de domaines où nous pouvons dialoguer, coopérer activement", et il existe "un nombre croissant de domaines où il va falloir que nous nous opposions à la Russie", a-t-il dit.

Les Etats-Unis doivent notamment "reconnaître cette réalité", selon laquelle Vladimir Poutine "est en train d'essayer de casser l'Alliance atlantique", alors que celle-ci est "vitale" pour la sécurité des Etats-Unis, a-t-il ajouté.

Egalement rassurant pour les sénateurs républicain, l'hommage appuyé rendu par le général Mattis aux agences de renseignement américaines.

Donald Trump est entré dans une guerre ouverte avec ses espions, qu'il a accusé publiquement tour à tour d'incompétence et de déloyauté.

"Dans toutes mes années de service dans l'armée, j'ai eu une relation étroite" avec les agences du renseignement, a-t-il rappelé, et "j'ai pu évaluer leur efficacité parfois quotidiennement".

"J'ai un très, très haut de degré de confiance dans notre communauté du renseignement", a résumé le futur chef du Pentagone.

- plus "énergique" à Raqa -

L'ancien chef militaire a par ailleurs envoyé quelques signaux en faveur de démonstrations de force un peu plus visibles, notamment au Moyen-Orient.

Interrogé sur l'offensive en cours pour reprendre au groupe Etat islamique leur bastion syrien de Raqa, le général Mattis s'est montré enclin à augmenter l'implication militaire américaine.

"Je pense que la stratégie doit être ré-examinée, peut-être pour la rendre plus énergique avec des échéances plus ambitieuses" pour la chute de Raqa, a-t-il dit.

Pour l'instant, le Pentagone a déployé 500 membres des forces spéciales en Syrie, chargés de conseiller la coalition arabo-kurde qui se bat contre l'EI.

Le futur ministre s'est montré ferme également face aux ambitions territoriales de Pékin en mer de Chine méridionale.

Il faut "collaborer avec la Chine quand c'est possible, mais aussi être prêt à s'opposer à des comportements inappropriés" si Pékin "choisit d'agir contrairement à nos intérêts", a déclaré le général Mattis.

Rex Tillerson s'était montré particulièrement ferme sur la question lors de sa propre audition de confirmation, semblant envisager que les Etats-Unis et leurs alliés puissent chercher à empêcher les Chinois d'accéder aux îlots contestés, qu'ils ont transformés en îles artificielles.

Le général Mattis, 66 ans, est une figure légendaire dans l'armée américaine, réputé pour ses qualités militaires et son franc-parler.

Ce chef de guerre très aimé de ses troupes, qui est aussi un intellectuel, a commandé sur les champs de bataille les plus difficiles, en Irak et en Afghanistan, des missions qui lui ont valu son surnom de "mad dog", l'enragé.

Il est le premier ancien général à devenir - s'il est confirmé - ministre de la Défense depuis George Marshall en 1950, sous Harry Truman.

Il aura besoin d'une autorisation spéciale du Congrès pour pouvoir entrer en fonction.

wat-lby/sha