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12/01/2017 03:15 EST | Actualisé 13/01/2018 00:12 EST

La justice française ordonne la remise en liberté de l'ex-rebelle kosovar Haradinaj

La justice française a ordonné jeudi la remise en liberté, sous contrôle judiciaire, de l'ancien chef rebelle et ancien Premier ministre kosovar Ramush Haradinaj, arrêté la semaine dernière à l'aéroport de Bâle-Mulhouse (est), à la demande de la Serbie.

La cour d'appel de Colmar (est) a décidé de placer M. Haradinaj sous contrôle judiciaire en attendant de recevoir la demande d'extradition de la Serbie, qui soupçonne cet ex-haut responsable de l'Armée de libération du Kosovo (UCK), brièvement Premier ministre en 2004-2005, de crimes de guerre durant la rébellion contre les forces de Belgrade (1998-99).

M. Haradinaj devra déposer son passeport auprès de la police française et répondre à une future convocation de la justice, lorsque la demande d'extradition formulée par la Serbie sera examinée sur le fond.

Cette remise en liberté, après une semaine en détention, est "une première étape" pour l'ancien chef rebelle, âgé de 48 ans, a réagi son avocate, Me Rachel Lindon. "La suite sera évidemment l'annulation de la notice Interpol qui n'a pas lieu d'être, et de la demande d'extradition qui doit être refusée", a-t-elle ajouté.

"Ces accusations qui viennent de la Serbie sont purement politiques", a déclaré d'une voix calme l'ancien Premier ministre kosovar, devant les magistrats. "Ce que vous faites ici est un abus de droit", a encore dit en français M. Haradinaj, vêtu d'un costume sombre et d'une cravate bordeaux.

A l'audience, la présidente de la chambre d'instruction a précisé que, selon les informations communiquées à Interpol, la Serbie reproche à M. Haradinaj d'avoir en 1999, au Kosovo, ordonné la "détention illicite de civils", lesquels ont "subi des tortures, traitements inhumains et viols". "Certains ont été tués, parfois des mains même de M. Haradinaj", selon les accusations de Belgrade.

L'interpellation début janvier en France de Ramush Haradinaj a suscité un regain de tension entre Belgrade et Pristina, où le processus de normalisation des relations avec la Serbie est remis en cause.

Député et opposant au président kosovar Hashim Thaçi, Ramush Haradinaj bénéficie d'une grande popularité auprès de nombreux Kosovars qui le considèrent comme un héros de la guerre d'indépendance de 1998-99.

Ce conflit, qui a fait 13.000 morts, a conduit à la séparation de cette ex-région yougoslave, majoritairement peuplée d'Albanais, puis à son indépendance en 2008, jamais reconnue par la Serbie.

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