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12/01/2017 02:10 EST | Actualisé 13/01/2018 00:12 EST

Hong Kong: la N°2 du gouvernement brigue la tête de l'exécutif

La numéro deux du gouvernement hongkongais, une figure jugée proche de Pékin, a démissionné jeudi avant d'annoncer sa candidature au poste de chef de l'exécutif de l'ancienne colonie britannique.

Fonctionnaire de carrière, Carrie Lam était l'adjointe du chef du gouvernement de Hong Kong, l'impopulaire Leung Chun-ying.

Les divisions se sont nettement creusées sous le mandat de C.Y., comme il est connu dans le territoire semi autonome revenu en 1997 dans le giron de la Chine avec de gigantesques manifestations anti-Pékin.

Les opposants de C.Y l'accusent d'être la marionnette de Pékin et d'avoir aidé la Chine à étendre son emprise sur Hong Kong.

Mme Lam, 59 ans, est moins détestée que M. Leung mais ses critiques craignent qu'elle n'adopte la même ligne dure si elle remporte les élections de mars.

Cette ancienne fonctionnaire entrée en politique en 2007 deviendrait dans ce cas la première femme à la tête d'un gouvernement hongkongais.

Sa démission a été annoncée jeudi dans un communiqué par le gouvernement qui dit l'avoir transmise à Pékin.

"Ma démission n'a qu'une explication", a-t-elle déclaré aux journalistes.

"Je compte me présenter à l'élection pour le poste de chef de l'exécutif", a-t-elle ajouté, précisant que servir les Hongkongais pendant 36 ans avait été "un honneur et un privilège".

D'après les politologues, Mme Lam est considérée comme une dirigeante capable. "Le souci, c'est que son ambition pourrait la conduire à se ranger exclusivement du côté de Pékin car c'est de là que vient son pouvoir", a commenté Willy Lam, professeur à l'Université chinoise de Hong Kong.

Le chef de l'exécutif hongkongais est élu par un comité composé d'élites acquises à Pékin. Pour cette raison, l'opposition considère que le prochain chef du gouvernement sera de toutes façons choisi par la Chine.

En 2014, des dizaines de milliers de manifestants avaient réclamé en vain à Pékin un véritable suffrage universel pour le scrutin de 2017.

Le ministre des Finances, John Tsang, a également démissionné en décembre et les observateurs s'attendent largement à ce qu'il se présente au scrutin. Surnommé "M. Pringles" par la presse locale pour sa ressemblance supposée avec la mascotte de la marque de chips, il est perçu comme étant plus modéré que M. Leung ou Mme Lam.

D'autres candidats se sont déjà déclarés comme l'ancienne ministre de la Sécurité Regina Ip, haïe par le camp démocrate, et le juge à la retraite Woo Kwok-hing, qui dit vouloir aider Hong Kong à surmonter ses divisions.

L'ancienne colonie britannique jouit depuis 1997 de libertés inconnues ailleurs en Chine en vertu du principe "un pays, deux systèmes" qui avait présidé à la rétrocession.

Ce statut est censé durer jusqu'en 2047 mais beaucoup craignent que les libertés ne soient en train de s'éroder.

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