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12/01/2017 04:42 EST | Actualisé 13/01/2018 00:12 EST

Crise de l'eau à Damas: réunions à Moscou et Ankara sur fond de craintes d'escalade (ONU)

Deux réunions sont prévues à Ankara et Moscou avec l'espoir de régler la crise de l'approvisionnement en eau de Damas, a indiqué jeudi l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui craint une "escalade militaire".

"Des réunions se tiennent à Ankara et probablement maintenant à Moscou aussi pour discuter cet aspect pour deux raisons: d'abord l'approvisionnement en eau à Damas est vital, et ensuite parce que s'il y a une escalade cela peut avoir un impact sur les discussions à Astana", a déclaré M. de Mistura, lors d'un point de presse à Genève.

La localité de Wadi Barada fournit la majorité de l'eau potable de la capitale syrienne, mais en raison des combats, beaucoup de canalisations ont été détruites, entraînant des coupures d'eau pour des millions de personnes.

"L'information dont nous disposons est que cinq villages dans la région de Wadi ont trouvé un accord avec le gouvernement. C'est une bonne nouvelle", a annoncé M. de Mistura.

"Mais deux villages, en particulier celui où se trouve la source, n'ont pas trouvé d'accord pour le moment. Aussi, il y a un danger, un possible danger, un danger imminent que cela donne lieu à une escalade militaire", a-t-il ajouté.

Il a expliqué que des ingénieurs syriens aidés de techniciens de l'ONU se tenaient prêts à intervenir, mais avaient besoin d'"un minimum de sécurité".

"Ils ont essayé par deux fois" de se rendre sur place et "ont été stoppés par les groupes armés", a indiqué le médiateur de l'ONU.

Mercredi, le gouvernement syrien a annoncé être parvenu à un accord ouvrant la voie à l'entrée de l'armée dans la région rebelle près de Damas et à l'approvisionnement en eau de la capitale.

Le président Assad s'était dit déterminé à reprendre le secteur et à assurer l'approvisionnement en eau, et les combats se sont poursuivis malgré un cessez-le-feu entré en vigueur dans le pays le 30 décembre et parrainé par la Russie, allié de Damas, et la Turquie, alliée des rebelles.

Staffan de Mistura a estimé que "la cessation des hostilités tenait largement".

Il a par ailleurs déploré un incident dans les villages de Foua et Kefraya (deux villages chiites, assiégés par les rebelles dans la province d'Idleb), expliquant que 23 bus et leurs chauffeurs syriens qui avaient été envoyés fin 2016 pour évacuer des civils "sont retenus (...) par les groupes armés".

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