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10/01/2017 13:33 EST | Actualisé 11/01/2018 00:12 EST

Trois journalistes sénégalais expulsés de Gambie, un confrère gambien brièvement interpellé

Trois journalistes sénégalais travaillant pour trois groupes de presse distincts ont été interpellés mardi à Banjul, où ils couvraient une audience de la Cour suprême, puis expulsés de Gambie, selon divers témoignages et leurs rédactions jointes par l'AFP.

Par ailleurs, selon un témoin, un journaliste gambien free-lance, Lamin Sagnia, qui était présent à la Cour suprême, a été brièvement détenu pour avoir pris avec son téléphone portable des photos de militants de l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC, parti au pouvoir) qui avaient convergé en nombre sur les lieux en exprimant bruyamment leur soutien à Yahya Jammeh.

De même source, il a été libéré après que des agents de sécurité ont supprimé les photos sur son téléphone.

Les journalistes sénégalais expulsés sont Lamine Ba, qui travaille pour la radio sénégalaise RFM du Groupe Futurs Médias (GFM), Abdourahmane Diallo qui travaille pour Sen-TV, du groupe sénégalais D-Média, et Salif Sakhanokho, du bureau sénégalais de l'agence de presse ivoirienne privée Alerte-Info. Tous ont été dépêchés à Banjul pour couvrir la crise politique en cours en Gambie, d'après des responsables de leurs rédactions joints à Dakar.

Tous trois ont été interpellés par des membres de forces de sécurité en civil alors qu'ils étaient présents à la Cour suprême pour l'examen d'un recours déposé par le président Yahya Jammeh, a raconté un des journalistes, demandant à ne pas être identifié.

Selon lui, les membres des forces de sécurité ont aperçu un des journalistes en train de filmer "des militants de l'APRC présents en nombre à la Cour suprême" puis ont procédé à leur interpellation.

Les trois journalistes ont été conduits à leur hôtel pour récupérer leurs affaires puis transportés jusqu'à la frontière avec le Sénégal, sans violences ni menaces de la part des agents, a-t-il raconté. "Ils nous ont dit que c'était pour notre propre sécurité", a-t-il ajouté.

Les responsables des trois médias joints par l'AFP ont indiqué que le motif avancé pour les expulsions était l'absence d'accréditation.

"Notre journaliste était déjà en Gambie pour la présidentielle" du 1er décembre, et il y a travaillé presque jusqu'à Noël "avec l'accréditation délivrée" à cette occasion, sans rencontrer de problème, a expliqué une des responsables.

Elle a estimé étrange que "maintenant, on la réclame aux journalistes alors que la Gambie n'en délivre plus" et que les reporters dépêchés ne sont pas inconnus des autorités de tutelle.

Des journalistes présents à la Cour suprême ainsi que des employés des hôtels où logeaient les trois hommes ont confirmé à l'AFP les conditions de leur interpellation et leur départ de Banjul sous escorte d'agents de sécurité.

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