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10/01/2017 06:48 EST | Actualisé 11/01/2018 00:12 EST

Sénégal: neuf militants dissidents de la majorité inculpés et écroués (avocat)

Neuf militants d'un parti membre de la majorité présidentielle au Sénégal ont été inculpés et écroués lundi soir après des incidents survenus en mars 2016 lors d'une réunion politique à Dakar, a affirmé mardi à l'AFP un de leurs avocats.

Selon cet avocat, Me Baba Diop, les neuf membres du Parti socialiste (PS, majorité présidentielle) ont été inculpés notamment de "tentative d'assassinat, destruction de biens appartenant à autrui" et écroués à Dakar.

Les inculpés, comprenant un maire d'une commune de Dakar, étaient en garde à vue depuis le soir du 4 janvier. Tous sont réputés proches du maire central de Dakar, Khalifa Sall, un responsable du PS.

Il leur est reproché d'être à l'origine de violences survenues le 5 mars à Dakar, au siège de leur parti où se tenait une réunion pour définir une position du PS sur le référendum constitutionnel du 19 mars, initié par le président Macky Sall. La révision constitutionnelle a été adoptée avec près de 63% de voix.

Certains de leurs proches parlent plutôt de "jets d'eau, de sable et de sachets plastiques" contre des responsables du PS lors de cette journée du 5 mars.

Khalifa Sall a annoncé à la presse pendant le week-end qu'il conduira sa propre liste, distincte de celle de la majorité, aux élections législatives de 2017. Il est également un probable candidat à l'élection présidentielle prévue en 2019.

Le PS, membre de la coalition du président Macky Sall, est divisé dans la perspective de ces scrutins. Ses militants appellent à continuer à soutenir Macky Sall et sa coalition lors de ces scrutins, mais d'autres veulent que Khalifa Sall présente une liste propre aux législatives et sa propre candidature à la présidentielle.

Un autre proche de Khalifa Sall et responsable du PS, le député Barthélémy Dias, doit être jugé le 25 janvier pour "homicide volontaire" lors de violences politiques meurtrières survenues en 2011.

M. Dias avait été arrêté pendant plusieurs mois après ces violences avant d'être libéré. Il a régulièrement affirmé être victime "d'un complot politique". Selon lui, la relance de la procédure judiciaire à son encontre est liée à ses critiques contre le pouvoir, et notamment son soutien affiché à Khalifa Sall.

Le Parti socialiste a dirigé le Sénégal pendant quarante ans, avec les régimes des deux premiers présidents du pays, Léopold Sédar Senghor (1960-1980) et Abdou Diouf (1981-2000).

mrb/cs/sba

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