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10/01/2017 11:48 EST | Actualisé 11/01/2018 00:12 EST

Rassemblement de Chypriotes grecs et turcs pour soutenir les efforts de paix

Plusieurs centaines de Chypriotes grecs et turcs se sont rassemblés mardi soir à Nicosie pour soutenir les négociations visant à la réunification de l'île méditerranéenne qui ont lieu à Genève.

"Nico-Mustafa, revenez avec une solution!", pouvait-on lire sur une pancarte, en référence au président chypriote grec, Nicos Anastasiades, et au dirigeant chypriote turc, Mustafa Akinci.

Les deux hommes ont repris lundi à Genève sous l'égide de l'ONU des négociations difficiles pour tenter de réunifier Chypre, divisée depuis plus de 40 ans.

A l'initiative d'une centaine de syndicats, partis et organisations chypriotes grecs et turcs, le rassemblement s'est tenu au pied des remparts, à l'un des points de passage entre les deux parties de la capitale divisée.

Peu avant la manifestation, la chanson des Beatles "Come Together" qui sortait d'une sono donnait le ton de l'évènement.

"Nous voulons faire pression sur nos dirigeants et montrer à la communauté internationale que nous réclamons la paix", affirme Andy Theocharous, 20 ans, entouré de ses amis.

"La paix, je ne la veux pas seulement pour moi, surtout pour mes enfants!", lance Abdullah Cangil, 67 ans.

Mustapha Ozbilgehan, 18 ans, se prête lui déjà à rêver de réunification.

"Dès que nous aurons obtenu une solution, il faudra travailler à maintenir la paix", assure-t-il.

"Nous devons réformer l'éducation et plus particulièrement les livres scolaires", ajoute-t-il en référence notamment aux manuels qui donnent aux écoliers chypriotes grecs et turcs des versions différentes de l'histoire des 40 dernières années.

Chypre est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat qui visait à rattacher Chypre à la Grèce, suscitant une vive inquiétude de la minorité chypriote turque.

"J'entends des histoires de mes grands-parents et je me suis toujours demandée comment ce serait si on pouvait vivre tous ensemble", confie Hera Celiker, 21 ans, une Chypriote turque étudiante en sociologie.

Après une série de discours en turc et en grec, des participants se sont laissé prendre par la musique et ont dansé bras dessus bras dessous une danse folklorique.

Les délégations de MM. Anastasiades et Akinci se sont retrouvées mardi, mais la perspective d'un accord reste très hypothétique.

Une incertitude qui revenait dans la bouche de nombreux Chypriotes mardi.

"Les choses ne vont pas si bien (...) Certains pays ne veulent pas que nous soyons en paix", assure Abdullah Cangil, casquette vissée sur la tête.

Pour Mirto Skouroupathi, quelle que soit l'issue des pourparlers, il faut continuer à oeuvrer au rapprochement entre les deux communautés.

"Je ne sais pas ce qui en sortira, mais nous ne pouvons pas seulement attendre qu'ils parviennent à une solution!", plaide-t-elle.

Cette Chypriote grecque de 22 ans est issue d'une famille mixte, avec plusieurs oncles et tantes dans le nord de l'île, où habitent les Chypriotes turcs.

"Une fois, ils m'ont invitée à déjeuner et je me rappelle avoir été surprise par le fait qu'ils avaient les mêmes plats que nous".

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