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10/01/2017 08:53 EST | Actualisé 11/01/2018 00:12 EST

Pologne: échec des négociations pour mettre fin à l'occupation du Parlement

Des négociations pour mettre fin à l'occupation du parlement par des députés de l'opposition et permettre la reprise normale des travaux se sont soldées mardi par un échec, ont annoncé les parties prenantes.

"Nous ne sommes pas parvenus à un accord final", a déclaré à la presse le chef de Droit et Justice (PiS, au pouvoir), Jaroslaw Kaczynski, à l'issu d'une rencontre mardi avec la plupart des leaders des partis représentés au parlement.

La Pologne vit une crise parlementaire sans précédent. Des députés de l'opposition occupent l'hémicycle depuis le 16 décembre, initialement en signe de protestation contre des tentatives du pouvoir de restreindre drastiquement les libertés de la presse parlementaire, puis contre le vote "illégal", selon eux, du budget 2017.

Lundi matin, le PiS a entamé des rencontres pour trouver une issue avant mercredi, date censée marquer la reprise des travaux parlementaires.

L'opposition veut que le vote sur le budget 2017 que le PiS a transféré le 16 décembre dans une salle annexe, suite à l'occupation de l'hémicycle, soit répété. Elle estime également que la dernière session du parlement a été juste "interrompue" et non pas finie, comme l'affirme PiS.

"Nous resterons dans l'hémicycle jusqu'au moment où le budget sera soumis au vote lors de la 33ème session", a écrit sur son compte Twitter Slawomir Neumann, président du groupe parlementaire de la Plate-forme civique (PO, opposition), seul parti a avoir boudé les négociations.

Le PiS en revanche juge le vote légal, et veut entamer mercredi une nouvelle session du Parlement.

Il a cependant cédé sur les médias et annoncé qu'il n'y aurait pas de restrictions de travail pour les journalistes parlementaires, contrairement à ce que le président de la Diète avait projeté, notamment en limitant leur accès aux députés.

Début janvier, M. Kaczynski a qualifié l'occupation de tentative de "putsch", "une tentative sérieuse de paralyser le pouvoir par la force, d'une manière non démocratique".

Selon le sociologue de Université de Poznan, Ryszard Cichocki, d'une manière ou d'une autre, "une nouvelle session parlementaire commencera mercredi ou l'ancienne sera poursuivie". "Mais le conflit ne fera que de s'aggraver. Ni le pouvoir ni l'opposition ne sont prêts à discuter des choses vraiment fondamentales concernant l'avenir de la Pologne".

L'occupation du parlement a été soutenue par des manifestations de rue organisées par le mouvement de défense de la démocratie KOD et d'autres organisations citoyennes.

mc/bo/glr

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