NOUVELLES
10/01/2017 07:41 EST | Actualisé 11/01/2018 00:12 EST

Offensive des démocrates-chrétiens dans la course à la présidence du Parlement européen

Les démocrates-chrétiens, principal groupe politique au sein du Parlement européen, ont lancé mardi une offensive pour récupérer la présidence de cette institution, en accusant leurs concurrents socialistes et libéraux de faire le jeu des populistes.

Lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le président du groupe du PPE, l'Allemand Manfred Weber, a fait part de sa colère de voir les sociaux-démocrates et les libéraux de l'ALDE revenir sur un accord passé entre ces trois formations et prévoyant une alternance au perchoir, dont le nouvel occupant sera élu le 17 janvier.

Vainqueur des élections européennes en 2014, le PPE avait soutenu la reconduction du social-démocrate Martin Schulz à la tête du Parlement européen pour un deuxième mandat, à condition que les sociaux-démocrates s'engagent à soutenir en retour un candidat PPE début 2017.

Mais ces derniers ont finalement décidé de présenter aussi leur candidat, l'Italien Gianni Pittella, tout comme les libéraux, dont le groupe a pour candidat le Belge Guy Verhofstadt.

Défendant le champion du PPE, l'Italien Antonio Tajani, M. Weber a fustigé ses "partenaires" d'hier : "tous ceux qui ne s'en tiennent plus à cet accord sont responsables de l'influence croissante des populistes dans cette maison".

Il a également publié pour la première fois l'accord passé entre ces trois formations, un document de deux pages en anglais signé aussi bien par Manfred Weber, Martin Schulz que par Guy Verhofstadt. "Maintenant, hélas, je vois que cet accord est rompu, un accord pourtant très clair", s'est-il emporté.

Le chef de la délégation allemande des socialistes du Parlement européen, Jens Geier, a rétorqué que cette institution "n'avait pas besoin d'une grande coalition" (formée des démocrates-chrétiens et des sociaux-démocrates, à l'image du gouvernement allemand, ndlr) "pour garantir la stabilité".

"En outre, il doit être dit clairement qu'il n'y a écrit nulle part que les trois institutions de l'UE (la Commission européenne, pour l'exécutif, ainsi que le parlement et le conseil représentant les Etats, pour le législatif, ndlr) doivent être dirigées par les démocrates-chrétiens", a ajouté M. Geier dans un communiqué.

Même son de cloche chez les libéraux européens : "Depuis la signature de document, les choses ont beaucoup changé. Cela doit être clair pour M. Weber, la présidence du PPE pour les trois institutions n'a rien d'évident", a dit une source à l'AFP.

En effet, si le PPE prend la présidence du Parlement, la droite européenne tiendrait les rênes des trois grandes institutions de l'Union, avec le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission et le Polonais Donald Tusk à celle du Conseil européen.

clp/cds/mct

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!