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10/01/2017 02:30 EST | Actualisé 11/01/2018 00:12 EST

Kaboul: une centaine d'ex-interprètes de l'armée français appellent à l'aide

Près d'une centaine d'ex-interprètes de l'armée française déployée en Afghanistan jusque fin 2014 ont réclamé mardi à Kaboul des visas pour quitter leur pays où ils affirment être régulièrement menacés par les insurgés islamistes.

Réunis à proximité de l'ambassade de France et promptement chassés par les forces de police, ils ont déployé des banderoles blanches réclamant "la protection" et la "solidarité de la France pour les interprètes en danger".

"Pourquoi est-on encore ici à Kaboul? Pour quelles raisons nos demandes ont-elles été rejetées par le gouvernement français? On était avec les soldats dans des endroits parfois dangereux, aujourd'hui on se retrouve dans une situation fragile, et l'armée n'est plus là à nos côtés" remarque Khodadad Adib, 28 ans, leur représentant.

Tous se disent aujourd'hui en danger, après avoir pris des risques aux côtés des troupes françaises déployées face à l'insurrection talibane.

Ils ont vu leurs demandes de visa rejetées une fois, deux fois, parfois davantage, "sans jamais aucune explication: j'aimerais bien savoir pourquoi", rapporte Habibullah Habib, 24 ans, dont deux comme interprète pour les Français dans la meurtrière vallée de la Kapisa, au nord-est de Kaboul, particulièrement infiltrée par les insurgés.

"Daech (acronyme arabe du groupe Etat Islamique) et les talibans nous recherchent, s'ils nous trouvent ils nous égorgeront pour avoir travaillé avec des armées étrangères", affirme-t-il. Installé chez des proches dans la province de Parwan, au nord de Kaboul, il a reçu plusieurs lettres anonymes le menaçant de mort, lui et sa famille.

"Parfois je suis obligé de porter une burqa pour sortir dans la rue et aller travailler. Mon père porte un masque pour se rendre à la mosquée, mes frères ne vont plus à l'école", relate-t-il.

En 2013 puis de nouveau en 2015, sa demande de visa a été refusée.

"Je reçois des appels me traitant d'espion pour avoir travaillé avec des militaires étrangers" confie de son côté Noorzai Mohammed Amin, 50 ans.

Au total, 70.000 soldats français ont été déployés en Afghanistan entre fin 2001 et fin 2014, dont 89 ont été tués et environ 700 blessés.

Quelque 700 Afghans ont travaillé à leurs côtés, comme mécaniciens, employés de ménage ou interprètes. Une centaine parmi ces derniers ont bénéficié d'un processus de "relocalisation" en France. D'autres ont tenté les routes de l'exil, parfois au péril de leurs vies.

Une manifestation similaire d'interprètes afghans était prévue simultanément mardi à Paris.

ach/cnp/at

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