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10/01/2017 14:47 EST | Actualisé 11/01/2018 00:12 EST

Gambie: le ministre des Sports remplacé, deuxième limogeage en deux jours

Le président gambien Yahya Jammeh a nommé mardi un nouveau ministre des Sports, selon un communiqué diffusé par la radio-télévision d'Etat GRTS, au lendemain du limogeage du ministre de l'Information.

Alieu K. Jammeh, qui n'a aucun lien de parenté déclaré avec le président, était ministre de la Jeunesse et des Sports depuis février 2012. Il a été démis de ses fonctions mardi "avec effet immédiat", indique le texte.

Le président Jammeh a nommé à sa place Gabriel Roberts, personnalité relativement inconnue du grand public.

Il a par ailleurs pourvu le poste de secrétaire général, chef de la Fonction publique et ministre des Affaires présidentielles, qui était vacant depuis le limogeage la semaine dernière de son précédent titulaire, Sulayman Samba. Le nouveau ministre des Affaires présidentielles est Musa Jallow.

Aucune explication officielle n'a été donnée sur les raisons de ces deux changements.

Lundi, un communiqué avait annoncé le limogeage du ministre de l'Information et de la Communication, Sheriff Bojang, détenteur de ce portefeuille depuis janvier 2015.

M. Bojang a été remplacé par un député, Seedy Njie.

L'entourage de l'ex-ministre de l'Information a révélé lundi son départ en exil au Sénégal voisin.

"Il n'est jamais trop tard pour bien faire", s'est justifié M. Bojang sur Facebook, au sujet de sa participation au régime de Yahya Jammeh, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 1994.

M. Jammeh livre bataille pour conserver son fauteuil à la suite de l'élection présidentielle du 1er décembre.

Il a annoncé le 9 décembre qu'il ne reconnaissait plus sa défaite au scrutin une semaine après avoir félicité le vainqueur déclaré Adama Barrow.

Depuis ce revirement, il subit de nombreuse pressions extérieures pour quitter le pouvoir le 19 janvier, après l'expiration de son mandat.

Le 13 décembre, son parti a saisi la Cour suprême d'une demande d'annulation de l'élection, arguant d'irrégularités dans la comptabilisation des votes et l'organisation du scrutin. Deux autres recours ont été déposés le 3 janvier.

A l'issue d'une audience mardi, le président de cette juridiction, le magistrat nigérian Emmanuel Fagbenle, a affirmé qu'elle était dans l'impossibilité de se prononcer avant plusieurs mois, le temps de remplacer les juges manquants depuis plus d'un an et demi.

En attendant, l'audience a été renvoyée au 16 janvier, selon le président de la Cour suprême, qui a prôné une solution négociée avec le président élu Adama Barrow.

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