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10/01/2017 14:26 EST | Actualisé 11/01/2018 00:12 EST

Dakar-2017 - La 9e étape annulée, les intempéries laissent la course en rade

La 9e étape du Dakar-2017 n'aura pas lieu. Un glissement de terrain provoqué par des orages a bloqué mardi une partie de la caravane de la course sur le parcours de la 8e étape, forçant l'organisation à annuler la spéciale du lendemain.

"Suite à un gigantesque glissement de terrain provoqué par les orages, la route empruntée par la liaison pour rejoindre le bivouac a été coupée à une quarantaine de kilomètres au nord de Jujuy soit à 160 km de Salta", arrivée de l'étape de mardi, a précisé l'organisation dans un communiqué.

"La journée de demain (mercredi) sera consacrée à regrouper l'ensemble des moyens de la course à Chilecito de sorte à continuer l'épreuve en donnant le départ de la 10e étape, Chilecito-San Juan" jeudi.

En effet, si la plupart des véhicules vont pouvoir rejoindre le bivouac de Salta en "passant par un itinéraire alternatif passant par San Antonio de los Cobres, allongeant la distance de liaison de 200 km environ", "un certain nombre ne pourront pas emprunter cette route".

Des images capturées par un photographe de l'AFP montrent une route engloutie sous la boue et la roche dans la région de Volcan et Tumbaya, à 1530 km au nord-est de Buenos Aires, bloquant le passage des véhicules. Un millier de personnes ont été évacuées.

- Pluies diluviennes -

Le 39e Dakar est depuis vendredi l'otage de pluies diluviennes qui ont provoqué retard, modifications et même annulation de plusieurs étapes.

La 7e, mardi, avait ainsi été amputée de 73 km lundi pour éviter un rio en crue, puis les orages avaient provoqué un retard de plus de deux heures des concurrents à l'arrivée de la spéciale.

Avant cela, la 5e étape, vendredi, entre Tupiza et Oruro, en Bolivie, avait été amputée de 228 km de spéciale. La nuit venue, l'organisation avait dû se résoudre à évacuer partiellement un bivouac inondé. La 6e étape, samedi, avait été purement et simplement annulée et celle de lundi raccourcie de 161 km.

En tout, ce sont déjà 1495 kilomètres chronométrés qui ont été annulés, sur 4093 prévus initialement, soit plus de 30% du parcours.

Cette annulation intervient au pire moment sur le plan sportif, alors que le tenant du titre Stéphane Peterhansel et le nonuple champion du monde des rallyes Sébastien Loeb se livrent une lutte acharnée pour la victoire finale.

L'étape de mercredi, la plus longue de l'édition 2017 (977 km, dont 406 chronométrés, entre Salta et Chilecito, sur les contreforts argentins de la cordillère des Andes), avec ses 98% de hors-piste, aurait bien pu s'avérer décisive.

Mardi, Loeb a pris un avantage sur Peterhansel en gagnant sa troisième étape dans cette édition (contre deux pour ce dernier), à qui il a également repris la place de leader au classement général pour 01 min 38 sec.

"Le match est super serré avec Stéphane, toujours, réagissait Loeb après sa victoire, sur le site du Dakar. Il roule vraiment vite, il ne fait pas de faute. Sur les hors-piste, il m'en reprend, sur la piste, je lui en reprends et, au final, ça joue très serré."

Dans la catégorie moto, l'Espagnol Joan Barreda s'est offert une deuxième victoire d'étape pour l'honneur, après avoir vu ses chances au général compromises vendredi par une pénalité d'une heure pour un ravitaillement hors-zone.

- 'C'est normal' -

Début janvier, le météorologue du Dakar, Patrick Vidal, avait annoncé à la direction de course des pluies pendant le séjour bolivien du Dakar-2017, entre jeudi 5 et lundi 9. Sans toutefois pouvoir en déterminer précisément l'ampleur ou les conséquences.

"Ca n'est pas une surprise pour nous, avait aussi assuré samedi à l'AFP le directeur de la course, Etienne Lavigne. "Ce Dakar, dès le début, on a su qu'il serait compliqué car il se déroule dans des géographies et dans des environnements climatiques compliqués."

D'ailleurs, "lors de tous les Dakar qui ont eu lieu en Amérique du Sud, il y a quelque chose qui s'est passé: ou bien une canicule exceptionnelle ou bien des pluies diluviennes. C'est la saison qui veut ça, ce sont les pays qui veulent ça, c'est normal", estime Patrick Vidal, en poste depuis 2010.

Ces phénomènes météorologiques sont certes prévisibles, mais il est difficile, voire impossible, pour les organisateurs d'anticiper les conséquences qu'ils auront sur le parcours de la course.

pel/ps