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10/01/2017 08:26 EST | Actualisé 11/01/2018 00:12 EST

Chypre: la perspective d'un accord encore très incertaine

Les dirigeants chypriotes grec et turc ont repris mardi à Genève leurs difficiles négociations pour tenter de réunifier l'île de Chypre divisée depuis plus de 40 ans, mais la perspective d'un accord reste encore très incertaine.

"Nous sommes à portée de main d'un accord, (mais) nous en sommes aussi près que nous en sommes loin", a résumé le porte-parole du gouvernement chypriote grec, Nicos Christodoulides, cité par les médias de l'île.

Les deux délégations rivales, dirigées par le président chypriote grec Nicos Anastasiades et le dirigeant chypriote turc Mustafa Akinci, se sont retrouvées mardi au Palais des Nations, siège de l'ONU qui parraine ces pourparlers.

A son arrivée, M. Anastasiades a déclaré aux journalistes que les discussions entamées lundi étaient jusqu'ici "constructives" et qu'elles se déroulaient dans un climat "apaisé".

"Nous sommes ici pour travailler de façon intensive avec l'espoir que nous pourrons arriver à des résultats positifs", a-t-il dit en grec. Mais "nous n'avons pas encore atteint" un niveau suffisant pour un accord, a-t-il ajouté, selon l'agence de presse suisse ATS.

Au menu des discussions de mardi figuraient la question de la gouvernance du futur Etat fédéral, les questions économiques et les relations avec l'UE.

Selon l'agence de presse chypriote CNA, un représentant de la Banque Mondiale et le responsable du Fonds Monétaire International (FMI) pour Chypre, Vincenso Cuzzo, devaient participer dans l'après-midi aux discussions sur les aspects économiques d'une réunification.

La République de Chypre, qui n'exerce son autorité que sur la partie sud où vivent les Chypriotes grecs, est membre de l'Union européenne depuis 2004.

Les Chypriotes turcs habitent eux dans le nord, où une République turque de Chypre du Nord (RTCN) autoproclamée n'est reconnue que par Ankara.

Lundi, les délégations ont consacré de longues heures à la question éminemment sensible des propriétés spoliées après la division de Chypre en 1974, lors d'une tentative de coup d'Etat en faveur d'un rattachement à la Grèce.

Selon l'agence CNA, aucune réelle avancée n'a été enregistrée sur ce chapitre.

- Chemin encore long -

Mercredi, dernier jour des discussions, les deux dirigeants chypriotes doivent aborder une autre question très délicate: les contours du futur Etat, avec la présentation de cartes fixant le territoire de chaque communauté.

Jeudi enfin, une Conférence sur Chypre est prévue à Genève en présence du nouveau secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et de représentants des trois pays "garants" de la sécurité de Chypre: la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale, qui y dispose de bases militaires.

"Ce sera la première fois dans l'histoire de la question de Chypre que nous allons avoir une conférence aussi importante et nous attendons avec impatience ces discussions", a commenté le porte-parole du gouvernement chypriote.

Mais la participation du président turc Recep Tayyip Erdogan et du Premier ministre grec Alexis Tsipras semble de plus en plus compromise, en l'absence de véritable progrès.

"Au vu de la situation actuelle, M. Tsipras ne viendra pas à Genève, mais nous verrons en fonction de l'évolution des choses", a dit M. Christodoulides.

La Grande-Bretagne sera elle représentée par son secrétaire au Foreign Office, Boris Johnson, et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker y assistera en tant qu'"observateur".

"Nous sommes actuellement au moment final, à un moment de vérité", a affirmé lundi le médiateur de l'ONU pour Chypre, le diplomate norvégien Espen Barth Eide, tout en reconnaissant que les "questions les plus compliquées, les plus émotionnelles" restaient à discuter.

L'ONU ne ménage pas ses efforts depuis 18 mois pour remettre sur les rails le processus de négociations ouvert en mai 2015. Les deux précédentes rencontres en novembre au Mont Pèlerin, sur les bords du lac Léman, n'ont pas été concluantes.

Une solution de paix consisterait à créer un Etat fédéral composé d'une entité chypriote grecque et d'une entité chypriote turque.

Mais le chemin semble encore long avant que les deux communautés s'accordent sur le retour des populations déplacées, les compensations financières, la rétrocession de vastes portions de territoire, y compris de villes entières, et sur l'avenir des bases de l'armée turque chargées de protéger leur communauté.

gca/glr

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