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09/01/2017 03:38 EST | Actualisé 11/01/2017 09:39 EST

40 % des médecins résidents au Québec disent avoir été intimidés

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Selon un sondage réalisé auprès des membres de la Fédération des médecins résidents du Québec, 40 % des médecins résidents disent avoir été intimidés par un médecin ou par un membre du personnel infirmier lors de leurs années de résidence.

« Une grosse partie de cette intimidation est liée à l'énorme pression de la part des médecins en pratique pour que l'on ne compte pas les heures. Il y a aussi, dans certains milieux, beaucoup de stress vécu par les résidents. Certains vont se faire ignorer, on va constamment rejeter ce qu'ils disent et être en tout temps impatient avec eux », explique le président de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ), Christopher Lemieux.

Ce dernier soutient que l'intimidation ne provient pas uniquement des patrons. « Ça vient aussi des infirmières, mais parfois, ce sont les résidents entre eux parce que les étudiants vivent beaucoup de stress », soutient-il.

«C'est énorme. Il y a de plus en plus de pression dans notre système de santé avec tous les changements qu'il y a eu. Je ne crois pas que ce chiffre de 40 % ira en s'améliorant.» ― Christopher Lemieux, président de la FMRQ

Le stress montré du doigt

Les données sont variables selon les milieux, d'après Dr Beaulieu. « Je pense qu'il y en a partout, dans tous les centres universitaires. Le facteur stress y joue pour beaucoup. Il y a des milieux qui sont tout de même sains. On en connaît qui sont excellents, qui encouragent et qui sont là pour soutenir les résidents. Mais en 2016, il y en a encore qui voient le résident comme un travailleur qui travaille pour pas cher. »

Les temps changent également et l'adaptation ne se fait pas toujours. « Il y a des milieux qui pensent encore comme il y a 30, 40 ou 50 ans, au moment où les connaissances en médecine étaient nettement inférieures à ce qu'on connaît aujourd'hui. Si on regarde les connaissances médicales des dernières années, c'est une courbe exponentielle. Être résident en 2016, ça demande plus de temps d'étude qu'il y a 30 ou 40 ans. Les universités sont sensibilisées à ça, mais c'est difficile de changer les choses en milieu hospitalier. Et les résidents ont peur de dénoncer ces choses-là », soutient Christopher Lemieux.

Malheureusement, le cycle d'intimidation se répète de génération en génération. « On a vu de jeunes patrons dire qu'ils l'ont vécu à la dure, donc je vais le faire vivre aux autres aussi. Mais ce n'est pas comme ça que ça devrait se faire », déplore-t-il.