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Îles-de-la-Madeleine : Québec serre la vis aux chasseurs de phoque de l’île Brion

Le ministère de l'Environnement impose des amendes de plusieurs milliers de dollars à huit chasseurs de phoque des Îles-de-la-Madeleine.

Les avis d’infraction ont été reçus entre Noël et le jour de l’An. Huit chasseurs de phoque qui semblent être les membres d’un même équipage ont reçu chacun des amendes totalisant 4431 $, pour un total global de 35 448 $, parce qu'ils ont commis deux infractions sur la réserve écologique de l’île Brion.

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC) estime que ces chasseurs se sont trouvés sur la réserve écologique de l’île Brion sans avoir obtenu des autorisations préalables et qu’ils y ont exercé une activité interdite sur la réserve, soit la chasse.

Les événements reprochés seraient survenus en janvier 2016. Le ministère réclame les amendes maximales fixées pour ce genre d’infraction, plus les frais.

Plusieurs chasseurs s'étaient rendus sur l'île Brion l'an dernier pour chasser le phoque. Certains d'entre eux avaient alors reçu un avertissement de la part du ministère.

Expérimentation refusée

La réception de ces constats survient moins d’un mois après le refus du ministère de l’Environnement d’autoriser un projet de chasse expérimentale sur l’île Brion. L’île est fréquentée par un troupeau d’environ 10 000 phoques gris qui viennent y mettre bas.

Le projet expérimental était une main tendue envers le ministère de l’Environnement, soutient le directeur de l’Association des chasseurs de phoques des Îles-de-la-Madeleine, Gil Thériault : « On espérait travailler ensemble. »

Gil Thériault avoue que les chasseurs sont choqués par l’attitude du ministère. Il fait valoir que le problème de la chasse et les usages du territoire madelinot touchent toute la communauté des Îles. La chasse, dit-il, a toujours été une manière d’utiliser les ressources du territoire de façon durable.

Au-delà du volet juridique soulevé par les constats d’infractions, il y a un grand débat à avoir aux îles, sur le statut de l’île Brion et l’usage du territoire, croit M. Thériault.

Population croissante

Le directeur de l’Association des chasseurs de phoques des Îles-de-la-Madeleine estime que les gouvernements tant fédéral que provincial ne veulent pas s’occuper des problèmes engendrés par la croissance du troupeau de phoques gris.

L'espèce, dont la population du golfe et de l’Atlantique est passée de 10 000 têtes dans les années 1960 à près de 600 000 bêtes aujourd'hui, est devenu un prédateur important pour certaines populations de poisson, dont la morue. Le phoque détruit aussi les casiers à homard, abîme les bouées et mange les appâts, rapporte Gil Thériault.

Le fédéral ne prend pas ses responsabilités sur la gestion du phoque et le Québec ne nous aide pas.

Le projet expérimental de l’île Brion comportait cinq sorties scientifiques pour prélever des phoques dont les carcasses auraient été analysées sous divers aspects par des scientifiques. Pour réaliser une partie de cette recherche, les chasseurs de phoques iront dans deux semaines environ sur un ilot rocheux, le Corps-Mort, situé au large des Îles où s’est installé un petit troupeau.

Quant aux chasseurs visés par les constats d’infraction, ils se rencontreront sous peu avec leurs avocats.

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