NOUVELLES
03/01/2017 21:49 EST | Actualisé 04/01/2018 00:12 EST

Séoul déterminée à déployer le bouclier antimissile américain

Un ministre sud-coréen a affiché mercredi la détermination de Séoul à déployer le bouclier antimissile américain THAAD cette année, malgré l'opposition de la Chine, alors même que des députés de l'opposition allaient transmettre à Pékin un message différent.

Séoul et Washington, liés par un traité de défense mutuelle, avaient annoncé l'an dernier le déploiement en Corée du Sud du THAAD, l'un des systèmes antimissiles les plus performants du monde, au grand dam de Pékin.

Pyongyang a multiplié en 2016 les essais de missiles et mené deux tests nucléaires.

La Chine comme la Russie estiment qu'un tel déploiement n'est pas nécessaire et qu'il affecterait l'équilibre régional au profit des Etats-Unis.

"Le déploiement du THAAD fait partie de nos efforts pour renforcer notre défense contre les menaces nord-coréennes", a déclaré le ministre de la Défense Han Min-Koo dans un rapport au président par intérim.

"Ce n'est pas un sujet qui doit être soumis à des considérations politiques", écrit-il au Premier ministre Hwang Kyo-Ahn, aux commandes depuis la destitution en décembre de la présidente Park Geun-Hye.

Mais le Parti démocratique (DP), la principale formation de l'opposition, a déclaré qu'en cas de victoire à la prochaine présidentielle, il réévaluerait l'opportunité de déployer le bouclier antimissiles.

Des députés de cette formation sont partis à Pékin pour rencontrer entre autres le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi. "Ils y vont pour expliquer à la Chine que nous pensons que la question du THAAD doit être laissée au prochain président", a déclaré le président du groupe parlementaire du DP, Woo Sang-Ho.

Initialement prévue en décembre 2017, l'élection présidentielle pourrait avoir lieu avant si la Cour constitutionnelle confirme la destitution de Mme Park.

Le candidat du DP Moon Jae-In est pour l'instant favori.

La Chine, qui estime que le THAAD portera atteinte à sa propre sécurité et augmente les risques de conflit dans la région, a décrété une série de mesures considérées en Corée du Sud comme des sanctions.

Des restrictions ont été imposées à la participation de stars de la K-pop sud-coréenne et d'autres célébrités aux programmes de la télévision chinoise ou à des spectacles sur le continent.

Pékin a également refusé d'accepter des vols charters venant de Corée du Sud à l'occasion du Nouvel an chinois, portant atteinte à la lucrative industrie du tourisme.

Washington assure que son bouclier ne représente aucune menace pour la Chine.

"La Chine n'a aucune raison de s'opposer à ce système", a déclaré mardi le porte-parole du Pentagone Peter Cook. "C'est un système défensif. Personne dans la région ne doit être préoccupé par ce système, à part, peut-être, la Corée du Nord".

ckp/ev/jac/cr