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04/01/2017 08:16 EST | Actualisé 05/01/2018 00:12 EST

Roumanie: le gouvernement social-démocrate obtient la confiance du parlement

Le gouvernement social-démocrate du nouveau Premier ministre Sorin Grindeanu a obtenu mercredi la confiance du parlement, près d'un mois après les législatives, promettant développement économique et "bien-être pour tous".

Au total, 295 députés et sénateurs ont voté la confiance au nouvel exécutif, tandis que 133 ont voté contre.

"Je souhaite construire une Roumanie où la croissance se reflète dans le bien-être de tous ses citoyens", a déclaré M. Grindeanu devant les deux chambres du parlement.

Cet informaticien de 43 ans passe pour un fidèle du dirigeant des sociaux-démocrates (PSD) Liviu Dragnea, qui ne pouvait devenir Premier ministre en raison d'une condamnation pour fraude électorale.

Le PSD a conquis aux législatives du 11 décembre une large majorité de 250 députés sur 465, avec son petit allié Alde.

Selon le programme du PSD, la Roumanie vise à devenir d'ici 2020 la 13e puissance économique de l'Union européenne (contre la 17e aujourd'hui), à la faveur d'une progression du PIB escomptée à 5,5% par an. La prévision de croissance pour 2016 s'élève à 4,8% mais la Roumanie reste le deuxième pays le plus pauvre au sein des 28, derrière la Bulgarie.

Le nouvel exécutif promet de fortes hausses des salaires et des retraites, des suppressions d'impôts et une baisse de deux points de la TVA, à 18%, en 2018.

"Le programme du gouvernement ne promet rien qui ne puisse être réalisé", a assuré M. Grindeanu.

Mais la cheffe de l'opposition de centre droit, Raluca Turcan, a accusé le gouvernement de "populisme". "Vous allez faire exploser le déficit public", a-t-elle lancé.

- 'Liste du Père Noël' -

"Ce programme ressemble à la liste du Père Noël, il y a plein de choses dedans mais aucune source de financement", a déclaré à l'AFP l'analyste économique Cristian Grosu qui craint que les dépenses d'investissement soient sacrifiées.

"A la fin du mandat on va se retrouver encore une fois sans les autoroutes et les écoles" que tous les gouvernements depuis la chute du régime communiste, il y a 27 ans, ont promis de construire, a-t-il estimé.

D'autres analystes craignent un ralentissement de la lutte anticorruption avec le retour du PSD au pouvoir. Le nouveau Premier ministre a affirmé que cette offensive "se poursuivra en toute fermeté".

"Mais nous devrons être tout aussi fermes pour protéger les droits fondamentaux des Roumains (...) contre tout abus", a-t-il ajouté, une critique à peine voilée contre le Parquet anticorruption (DNA), fer de lance de cette campagne.

Evoquant les "progrès" réalisés en matière de réforme de la justice, le gouvernement plaide par ailleurs pour une levée du mécanisme de surveillance qu'avait imposé Bruxelles en 2007 afin d'assurer l'indépendance des magistrats contre toute ingérence politique.

Le gouvernement Grindeanu compte 26 portefeuilles, contre 21 dans le gouvernement sortant formé de techniciens et dirigé par l'ancien commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos.

Cet exécutif avait mis en place après un dramatique incendie dans une discothèque de Bucarest, en octobre 2015, qui avait provoqué la chute du précédent gouvernement social-démocrate.

M. Grindeanu et son équipe devaient prêter serment devant M. Iohannis dans la soirée.

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