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04/01/2017 07:36 EST | Actualisé 05/01/2018 00:12 EST

Le régime syrien multiplie les raids, Ankara le met en garde

Le régime syrien et ses alliés ont multiplié raids et tirs d'artillerie mercredi contre une région rebelle proche de Damas, la Turquie les accusant de violer le cessez-le-feu et de menacer les prochaines négociations en vue d'un règlement du conflit.

La Turquie, soutien des rebelles, et la Russie, alliée du régime, ont parrainé un accord qui a permis l'entrée en vigueur le 30 décembre d'une nouvelle trêve entre insurgés et régime avant la tenue vers la fin janvier de négociations de paix à Astana, au Kazakhstan.

Mais alors que les violences ont cessé dans la plupart des régions en Syrie depuis le début de la trêve, les combats ont continué à Wadi Barada, un secteur clé rebelle où se trouvent les principales sources d'approvisionnement en eau potable pour les quatre millions d'habitants de Damas et de ses environs.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), le régime a dépêché des renforts pour aider à s'emparer de la zone et à rouvrir les pompes vers la capitale qui souffre de graves pénuries d'eau depuis le 22 décembre.

L'aviation et l'artillerie du régime, aidé au sol de son fidèle allié du Hezbollah libanais, a bombardé toute la journée Wadi Barada, une localité située à 15 km au nord-ouest de Damas et assiégée depuis 2015 par l'armée, a précisé l'ONG.

Le régime du président Bachar al-Assad accuse les rebelles de "contaminer au diesel" les réserves d'eau et de couper le réseau d'approvisionnement vers Damas. Les rebelles, eux, affirment que ce sont les bombardements du régime qui ont endommagé ces installations.

Parallèlement aux combats, des négociations sont en cours pour tenter de trouver un terrain d'entente pour cesser les violences et réparer les infrastructures, a indiqué l'OSDH, en soulignant que le régime conditionne tout arrêt de l'offensive à son "contrôle des sources d'approvisionnement en eau" dans le secteur.

- Un émissaire iranien à Damas -

Quoiqu'il en soit, la poursuite des violences dans cette région a poussé la Turquie à lancer un avertissement au régime et à ses alliés.

"Si nous n'arrivons pas à stopper les violations croissantes du cessez-le-feu, le processus d'Astana pourrait échouer", a déclaré le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu.

"Quand nous regardons qui commet ces violations, nous voyons que c'est le Hezbollah, en particulier, les groupes chiites et le régime (d'Assad)", a-t-il dit, en appelant l'Iran, autre parrain des négociations et allié du pouvoir à Damas, à "faire pression sur les milices chiites et le régime".

Un haut responsable iranien Alaeddine Bouroudjerdi se trouvait mercredi à Damas où il a rencontré M. Assad et réaffirmé le soutien de son pays au régime, selon les médias officiels.

Le soutien militaire russe, iranien et du Hezbollah pro-iranien a été crucial dans les succès des derniers mois du régime face aux rebelles.

D'ailleurs, une dizaine de groupes rebelles ont annoncé lundi le gel de leur participation aux préparatifs des négociations de paix d'Astana, après avoir accusé le régime de ne pas respecter la cessation des hostilités.

Selon le ministre turc Cavusoglu, des représentants russes doivent se rendre en Turquie les 9 et 10 janvier pour discuter des pourparlers d'Astana, et si la trêve est respectée, ceux-ci pourraient avoir lieu le 23 janvier.

- Raid américain contre Fateh al-Cham -

Les négociations d'Astana doivent précéder des pourparlers prévus en février à Genève sous l'égide de l'ONU.

Aucune des précédentes discussions intersyriennes n'a permis un début de règlement du conflit qui a fait plus de 310.000 morts et des millions de réfugiés.

Sur un autre front de la guerre, les Etats-Unis, qui dirigent une coalition internationale contre les groupes jihadistes en Syrie, exclus de la trêve, ont confirmé être à l'origine d'une frappe qui a tué mardi plusieurs chefs du Front Fateh al-Cham dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Selon l'OSDH, au moins 25 membres du Front Fateh al-Cham (ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie) dont plusieurs chefs, ont été tués dans le bombardement.

Déclenché par la répression de manifestations réclamant des réformes, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication des jihadistes et l'intervention des puissances régionales et internationales sur un territoire de plus en plus morcelé.

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