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04/01/2017 06:56 EST | Actualisé 05/01/2018 00:12 EST

Le Premier ministre turc en Irak vendredi pour relancer les relations

Le Premier ministre turc Binali Yildirim doit effectuer vendredi une visite en Irak pour relancer les relations entre les deux pays après une période de tensions marquée par des échanges acerbes, a indiqué mercredi le président Recep Tayyip Erdogan.

"Notre Premier ministre et certains de nos ministres vont effectuer un déplacement en Irak vendredi", a déclaré M. Erdogan lors d'une allocution retransmise à la télévision, s'engageant à améliorer les relations bilatérales, "qui sont au point mort ces derniers temps".

Cette visite traduit la normalisation en cours entre les deux pays, dont les relations s'étaient fortement tendues en octobre en raison des désaccords sur la présence militaire turque dans la région de Mossoul et l'offensive menée par les forces irakiennes pour chasser le groupe Etat islamique de cette ville, son bastion en Irak.

M. Erdogan, dont le pays a été tenu à l'écart de cette offensive, avait irrité les dirigeants irakiens en critiquant la participation de milices chiites et en exprimant des craintes sur le sort de la population sunnite de la région de Mossoul.

Mossoul, dont la population actuelle atteint près d'un million d'habitants, selon l'ONU, était un territoire ottoman pendant quatre siècles avant d'être rattaché à l'Irak après la Première Guerre mondiale et la chute de l'empire ottoman.

Ankara estime avoir des droits historiques sur cette ville, près de laquelle elle a installé une base à Bachiqa, au grand dam de Bagdad qui a qualifié cette présence militaire turque de "force d'occupation".

"Nous suivons de près tous les agissements visant à déclencher un conflit confessionnel en Irak", a encore dit M. Erdogan mercredi.

Début octobre, M. Erdogan s'en était violemment pris au Premier ministre irakien Haidar al-Abadi, le sommant de "rester à sa place" après ses critiques contre la présence militaire turque en Irak.

M. Abadi avait suscité l'ire du chef de l'Etat turc après avoir dit craindre que "l'aventure turque (en Irak) ne tourne en une guerre régionale".

Signe d'apaisement, MM. Erdogan et Abadi se sont entretenus le 30 décembre au téléphone pour la première fois depuis le début de cette crise.

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