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04/01/2017 08:32 EST | Actualisé 05/01/2018 00:12 EST

Gambie: "soutien inébranlable" de l'armée au président Jammeh, selon son chef

Le chef de l'armée gambienne, le général Ousman Badjie, a, dans un message publié mercredi, réaffirmé le "soutien inébranlable" de ses forces au président Yahya Jammeh, que de nombreux pays et institutions pressent de quitter le pouvoir à la suite d'une défaite électorale qu'il conteste.

La Gambie est en proie à une crise née de l'élection présidentielle du 1er décembre: le scrutin a été officiellement remporté par l'opposant Adama Barrow face à Yahya Jammeh, au pouvoir depuis plus de 22 ans. Ce dernier a rejeté les résultats du scrutin et réclamé un nouveau vote après avoir dans un premier temps reconnu la victoire de M. Barrow.

Le 8 décembre, Adama Barrow avait affirmé avoir reçu le soutien du général Badjie. Mais le 13 décembre, lors de la visite d'une délégation de présidents ouest-africains à Banjul, le chef de l'armée était arrivé aux discussions en portant sur son uniforme un badge de M. Jammeh, affirmant qu'il soutenait "le commandant en chef, le président Yahya Jammeh".

Le général Badjie a adressé à Yahya Jammeh des voeux à l'occasion de l'année nouvelle dans un message reproduit mercredi par le journal gouvernemental Daily Observer, s'exprimant "au nom des chefs de services, des officiers et de l'ensemble des autres" membres des forces armées gambiennes et en son nom propre.

"Je voudrais saisir cette occasion pour renouveler également à Votre Excellence l'assurance de la loyauté et du soutien inébranlable des forces armées gambiennes à Votre Excellence, au gouvernement et au peuple gambiens", a-t-il écrit.

"Dans le même ordre d'idées, permettez-moi de vous féliciter pour votre engagement personnel démontré envers les forces armées gambiennes", a-t-il poursuivi, saluant notamment "la vision" de M. Jammeh.

Yahya Jammeh est un militaire de carrière arrivé au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en 1994, qui a ensuite pris sa retraite de l'armée pour se consacrer à la politique dans cette ex-colonie britannique enclavée dans le Sénégal à l'exception de sa façade atlantique.

Il a été élu une première fois en 1996, pour cinq ans, puis réélu trois fois. Le 1er décembre, il briguait un cinquième mandat et a perdu, selon les résultats officiels, face à M. Barrow, un homme d'affaires inconnu du grand public six mois auparavant.

M. Jammeh avait d'abord reconnu le 2 décembre avoir été battu par M. Barrow, avant de rejeter le 9 décembre les résultats. Il a demandé l'annulation du scrutin à la Cour suprême, qui doit examiner son recours le 10 janvier, soit neuf jours avant l'expiration de son mandat.

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