NOUVELLES
04/01/2017 04:03 EST | Actualisé 04/01/2017 04:05 EST

Obama appelle les démocrates au combat pour éviter la mise en pièces d'Obamacare

Barack Obama a enjoint mercredi à ses alliés démocrates de "se battre" contre la suppression de sa réforme emblématique de l'assurance-maladie, dont Donald Trump entend lancer l'abrogation dès son entrée en fonctions le 20 janvier.

"Je vous envie du combat que vous allez pouvoir mener pour protéger la santé des Américains", a lancé d'emblée le président sortant aux élus démocrates du Congrès lors d'une réunion à huis clos de 100 minutes au Capitole, selon le sénateur Ed Markey.

L'argument de Barack Obama est simple: il est facile d'abroger une loi, il l'est moins de la remplacer avec un système alternatif viable et moins coûteux, et sans rogner les acquis que les Américains se sont appropriés, comme l'interdiction aux assureurs de refuser des patients en raison de leurs antécédents médicaux, ou encore la possibilité pour les jeunes de rester sur l'assurance de leurs parents jusqu'à 26 ans.

"Le président a martelé que nous sommes du bon côté", a expliqué l'élu John Lewis, en évoquant des sondages montrant que ces volets de la réforme de 2010 restent populaires.

"Il nous a encouragés à nous battre", a répété cet élu. Et à poser inlassablement la question aux républicains: quel est votre propre plan ?

"Le projet républicain ne rendrait pas à l'Amérique sa grandeur", a tonné le nouveau chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer. "Il rendrait l'Amérique malade à nouveau", a-t-il dit, détournant le slogan de campagne de Donald Trump.

Abrogation, et après ?

Arraché en 2010 à l'issue d'un combat législatif acrimonieux, l'"Affordable Care Act", connu sous le nom d'Obamacare, est une pièce centrale du bilan des deux mandats du 44e président américain.

A moins de trois semaines de l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, la priorité de Barack Obama est "de protéger les intérêts de 22 millions d'Américains dont la couverture santé disparaîtrait", affirme Josh Earnest, son porte-parole.

Cette rare visite de Barack Obama au Congrès coïncidait avec celle du vice-président élu Mike Pence, qui retrouva lui les parlementaires républicains.

"L'abrogation d'Obamacare est la première chose à l'ordre du jour", a déclaré Mike Pence à la sortie. "L'architecture de la version de remplacement se formera, par la procédure législative, dans les semaines et les mois à venir".

Les parlementaires entendent d'abord voter rapidement un texte d'abrogation, qui fixerait en fait une date d'expiration à la loi actuelle --à charge pour eux de concocter dans un second temps un système de remplacement avant la date butoir, sans faire perdre aux Américains leur couverture dans l'entre-fait.

"On ne veut pas que les gens se retrouvent sans rien", a insisté Paul Ryan, président de la Chambre des représentants.

Pour le "Grand Old Party", la loi est une véritable usine à gaz réglementaire, premier pas vers une socialisation de la médecine à l'européenne. Donald Trump a lui-même souligné sur Twitter les hausses de prix des assurances-maladie observées cette année.

Les démocrates, encore groggy par la perte de la Maison Blanche doublée d'une défaite dans les deux chambres, ont une marge de manoeuvre quasi nulle. Leur seul espoir est de mobiliser l'opinion américaine.

Horrible chose

Certains ont suggéré d'en conserver quelques composantes. Mais difficile d'en supprimer un pan sans faire s'écrouler tout l'édifice, tant son équilibre financier est fragile.

"Il n'est pas surprenant que certains républicains soient aujourd'hui mal à l'aise en pensant à l'impact que l'abrogation d'Obamacare aurait sur leur propre électorat", souligne Josh Earnest.

Durant sa campagne, Donald Trump a parlé d'une "horrible chose", d'une réforme "totalement désastreuse".

Après son unique rencontre avec Barack Obama dans le Bureau ovale, mi-novembre, il avait atténué ses propos, assurant que le texte pourrait simplement être "amendé".

Il est depuis revenu à une rhétorique moins nuancée.

L'espoir des démocrates pourrait, en définitive, se résumer comme suit: offrir à Trump une victoire politique symbolique avec la suppression de la loi, mais en conserver, de fait, et sous un autre nom, l'essentiel de l'architecture.

Barack Obama aura une dernière chance de prendre les Américains à témoin sur ce thème qui lui tient à coeur lors de son discours d'adieu, prévu mardi à Chicago. Mais il sait ses chances de succès limitées.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

  • Wilfredo Lee/AP
    En los 34 estados que usan el portal federal HealthCare.gov que se supone serán los más afectados si se invalida la ayuda, 7,3 millones de personas se han inscrito y han hecho los pagos iniciales.
  • Damian Dovarganes/AP
    Un 88 por ciento, o lo que es lo mismo 6,4 millones de personas— reciben subsidios federales, que promedian los 272 dólares mensuales.
  • Charles Dharapak/AP
    Los republicanos censuraron al gobierno aduciendo falta de cooperación, en una audiencia que puso de manifiesto el modo en que la ley de Obama que lleva 5 años sigue siendo motivo de divisiones partidistas.
  • Gerry Broome/AP
    El republicano Pal Ryan, presidente de la Comisión de Recursos y Arbitrios de la Cámara de Representantes, considera que que el plan del gobierno ha fracasado. Pero la representante demócrata Sander Levin respondió que el único fracaso han sido los ataques republicanos a la ley que permite a millones de estadounidenses tener seguro de salud. "Ustedes critican a millones de personas que tienen un seguro que jamás habían tenido. ¿Están furiosos porque el programa está funcionando mejor?", dijo la demócrata.
  • J. Scott Applewhite/AP
    Los republicanos tienen mayoría en el Congreso y 26 de los 34 estados que probablemente serán los más afectados si eso ocurre tienen gobernadores republicanos. La secretaria de salud y servicios humanos Sylvia Burwell explicó a la Comisión de Recursos y Arbitrios de la Cámara de Representantes los esfuerzos del gobierno de Obama por mantener la presión sobre los republicanos si se anula esa asistencia financiera.
  • Jon Elswick/AP
    Burwell respondió que el gobierno "hará todo lo posible" para comunicarse y trabajar con los estados. Agregó que si el Congreso envía a Obama una ley que mejora "la accesibilidad y calidad, estamos abiertos a eso".
  • Evan Vucci/AP
    El Congreso y los estados deberán responder si la Corte Suprema anula los subsidios federales que son el fundamento del programa de salud del presidente Barack Obama
  • Eric Risberg/AP
    Los subsidios son extendidos en forma de créditos impositivos. De ser eliminados, millones de personas podrían verse obligadas a abandonar su seguro de salud por ser demasiado costoso.