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04/01/2017 09:24 EST | Actualisé 05/01/2018 00:12 EST

Brésil : Les risques d´évasion de la prison de Manaus étaient connus (ministre)

Les autorités de l´État d´Amazonie (nord du Brésil) avaient été alertées de risques d´une évasion massive de la prison de Manaus où 56 détenus ont été assassinés et d'où des dizaines d'autres se sont échappés lundi, a affirmé mercredi un ministre.

"Il y avait un plan d´évasion. Il faut donc enquêter pour savoir si, en réalité, toute cette confusion et ces morts ont eu lieu pour que les leaders (de la faction criminelle qui opère dans la prison) puissent s´échapper", a expliqué le ministre brésilien de la justice, Alexandre de Moraes lors d'une conférence de presse à Brasilia.

Informé de risques d'évasion, le gouvernement d'Amazonie avait renforcé la sécurité de l´établissement, mais n´avait pas prévenu les autorités fédérales, a ajouté M. Moraes.

La police oriente son enquête sur une "vengeance" de la faction criminelle locale FDN (Familia do Norte) contre le PCC (Premier commando de la capitale), fondé à Sao Paulo.

L´enjeu principal est le contrôle de la zone stratégique à la frontière de la Colombie, du Pérou et de la Bolivie, d´où viennent les cargaisons de cocaïne qui approvisionnent le Brésil.

Mercredi midi, 42 corps avaient été identifiés et 14 d´entre eux remis aux familles, mais cette douloureuse procédure risque de durer plusieurs jours en raison de la brutalité des assassinats.

Selon les experts de la police scientifique locale, la moitié des victimes ont été décapités. Certains corps ont été carbonisés, démembrés.

Selon le dernier bilan des services de sécurité de l´État d´Amazonie, 58 des 184 fugitifs de deux prisons amazoniennes (celle où a eu lieu le massacre et une unité voisine) ont été capturés.

Un important dispositif a été mis en place pour mener la chasse aux évadés, avec le blocage des principales autoroutes locales pour éviter qu´ils ne rejoignent d´autres États du Brésil.

Le massacre de Manaus est le plus sanglant depuis celui de Carandiru, en 1992, à Sao Paulo : 111 détenus étaient morts lors d'une intervention policière pour contrôler une mutinerie.

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