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03/01/2017 09:34 EST | Actualisé 04/01/2018 00:12 EST

Donald Trump nomme un ancien de l'ère Reagan comme négociateur commercial

Donald Trump a nommé mardi Robert Lighthizer représentant au Commerce extérieur (USTR) où il sera en charge des négociations commerciales internationales et devra mettre en musique l'agenda protectionniste du président élu américain.

M. Lighthizer, qui fut numéro 2 de ce bureau sous la présidence du républicain Ronald Reagan dans les années 1980, s'est lui-même déclaré opposé à un libre-échange sans limite, plaidant pour le "pragmatisme" en matière de politique commerciale.

Dans une tribune publiée en 2008 dans le New York Times, il s'en était pris aux promoteurs d'un libre-échange "débridé" notamment dans le camp républicain, les accusant d'être "inflexibles" et de défendre leur dogme même s'il "contribue à faire de la Chine une superpuissance".

Reconverti avocat à Washington après son passage dans l'administration Reagan, M. Lighthizer prendra ses fonctions à un moment charnière de la politique commerciale américaine.

En attente de ratification au Congrès, l'accord de libre-échange TPP signé en 2015 par les Etats-Unis et 11 pays de la région Asie-Pacifique est en état de mort clinique après avoir été descendu en flèche par le candidat Trump pendant sa campagne.

Quant au partenariat transatlantique (TTIP) en discussion depuis 2013 avec l'Union européenne, il est en suspens en attendant d'en savoir plus sur les intentions du futur président.

M. Lighthizer "s'est souvent battu dans le secteur privé pour protéger les Américains de mauvais accords", a déclaré Donald Trump dans un communiqué. "Il fera un travail formidable pour tourner la page des politiques commerciales qui ont privé tant d'Américains de la prospérité".

En 2012, il avait fait part de son scepticisme face aux négociations conduites sous l'égide de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour abolir encore davantage les barrières douanières sur le globe et s'était dit partisan d'un durcissement vis-à-vis de la Chine.

Le déséquilibre commercial avec la Chine, écrivait-il alors dans le New York Times, est "un symbole du déclin américain" et s'explique par les "manipulations" dont serait coupable le régime de Pékin pour sous-évaluer artificiellement sa monnaie.

Sa position rejoint celle défendue par le futur président américain qui a, pendant sa campagne, menacé Pékin de représailles douanières et accusé le pays de se livrer à des pratiques commerciales déloyales.

M. Lighthizer, dont la nomination devra être confirmée par le Sénat américain, devra se coordonner avec le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, et Peter Navarro, nommé à la tête d'un nouveau Conseil du commerce à la Maison Blanche.

S'il est confirmé, il succèdera à Michael Froman, un proche du président Barack Obama qui aura défendu les vertus des grands accords de libre-échange tout en portant plusieurs fois plainte contre la Chine à l'OMC.

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