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02/01/2017 07:25 EST | Actualisé 02/01/2017 08:10 EST

Attentat dans une discothèque d'Istanbul: le suspect toujours en fuite

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué lundi l'attentat contre une discothèque d'Istanbul qui a fait 39 morts dans la nuit du nouvel An et dont l'auteur est toujours traqué par les autorités turques, qui ont annoncé huit arrestations.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l'EI indique qu'"un des soldats du califat" a mené l'attaque au Reina, une boîte de nuit huppée de la métropole turque, qui a fait de nombreuses victimes étrangères, pour la plupart originaires de pays arabes.

Des équipes de la police antiterroriste d'Istanbul ont arrêté et placé en garde à vue lundi huit personnes dans le cadre de l'enquête sur cette attaque, a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

L'auteur de l'attaque, qui a semé la mort au Reina en tirant au hasard sur les centaines de personnes qui y célébraient la nouvelle année, est toujours en fuite et activement recherché, a indiqué Anadolu.

L'attentat du Nouvel An survient alors que l'armée turque tente, au prix de lourdes pertes, de reprendre la ville d'Al-Bab, un bastion de l'EI dans le nord de la Syrie, où Ankara mène une offensive contre les jihadistes, mais aussi les milices kurdes.

Dans son communiqué, l'EI accuse la Turquie, un pays peuplé majoritairement de musulmans, de s'être alliée aux chrétiens, vraisemblablement en référence à la coalition internationale antijihadiste menée par Washington et dont est membre Ankara.

C'est la première fois que l'EI revendique directement un attentat en Turquie, mais plusieurs attaques contre des cibles touristiques, notamment à Istanbul, lui ont déjà été attribuées par les autorités.

En novembre, l'agence de propagande jihadiste Amaq avait affirmé que l'EI était derrière un attentat à Diyarbakir (sud-est), mais l'organisation n'avait pas directement revendiqué cette attaque attribuée par Ankara aux séparatistes kurdes.

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"Le danger persiste"

L'attentat au Reina marque une entrée sanglante en 2017 pour la Turquie, déjà secouée en 2016 par une tentative sanglante de coup d'Etat et une vague d'attentats meurtriers liés aux jihadistes ou à la rébellion kurde.

A 01H15 dimanche, un homme armé d'un fusil d'assaut a surgi devant la discothèque située au bord du Bosphore, sur la rive européenne d'Istanbul, abattant deux personnes à l'entrée avant de pénétrer à l'intérieur et d'y semer la mort.

Selon les médias turcs, l'assaillant a tiré entre 120 et 180 balles au cours de l'attaque qui a duré environ sept minutes, avant de changer de tenue et de s'enfuir.

Citant des rapports d'autopsie, les médias turcs indiquent que plusieurs des victimes ont été tuées d'une balle dans la tête.

"Je repense à ces moments, je n'arrive pas à les effacer de ma mémoire. Les gens paniqués, le sang, les bruits de coups de feu", a raconté à l'AFP un rescapé franco-turc, Yusuf Kodat.

Le ministre de l'Intérieur, Süleyman Soylu, a déclaré dimanche que d'intenses efforts étaient entrepris pour retrouver le tireur.

"Le danger persiste", écrit lundi le chroniqueur Abdulkadir Selvi dans le quotidien Hürriyet. "Tant que ce terroriste ne sera pas arrêté, nous ne saurons pas où et quand un massacre pourrait avoir lieu."

Cette attaque s'est produite malgré un déploiement massif de forces de police à Istanbul, ville tentaculaire frappée par de nombreux attentats au cours de l'année écoulée.

Selon Hürriyet, les enquêteurs estiment que l'assaillant pourrait être lié à une cellule qui a commis un triple attentat-suicide à l'aéroport Atatürk d'Istanbul qui a fait 47 morts en juin, imputé à l'EI par les autorités.

Corps rendus aux familles

Les familles des victimes étrangères devaient récupérer lundi les corps de leurs proches tués au cours de l'attaque.

D'après les derniers chiffres des médias, 12 Turcs sont décédés dans l'attentat au Reina, dont un belgo-turc, et 27 étrangers. Parmi les étrangers tués, pour la plupart originaires de pays arabes, figurent deux Jordaniens, trois Irakiens et trois Libanais.

Une Franco-tunisienne, une Canadienne et une jeune Israélienne font également partie des morts.

Cette attaque a suscité une vague de réactions indignées dans le monde. Washington, Moscou, Paris et Berlin, ainsi que le pape François, l'ont notamment condamnée.

Le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan présidait lundi un Conseil des ministres.

L'état-major turc a indiqué que des avions turcs et russes avaient bombardé des cibles de l'EI dans le secteur d'Al-Bab dans la nuit de dimanche à lundi.

Les jihadistes ont menacé à plusieurs reprises de frapper la Turquie en rétorsion aux opérations turques en Syrie.