DIVERTISSEMENT
01/01/2017 10:21 EST

Peu de vagues, mais beaucoup d'irrévérence à «Infoman 2016»

Radio-Canada

Il n’y avait que Jean-René Dufort pour partir à la rencontre des créateurs du Journal de Mourréal, analyser l’actualité en jouant à «cave ou pas cave» avec Éric Duhaime et servir un festin de Noël «texturé» à Gaétan Barrette dans sa revue de fin d’année.

Moins mouvementée que 2016 a pu l’être, la rétrospective du 31 décembre d’Infoman, présentée à Radio-Canada samedi, entre En direct de l’univers – Spéciale du jour de l’An et le Bye Bye, a néanmoins visé dans le mille à plusieurs reprises. Peu de moments de l’émission se sont fortement démarqués mais, fidèle à eux-mêmes, Dufort et ses collaborateurs ont jeté leur regard personnel toujours irrévérencieux et décapant sur les grands événements des 12 derniers mois. Avec un résultat différent, et parfois supérieur à ce qui se fait ailleurs. Et chapeau pour la recherche minutieuse, qui amène constamment l’hôte d’Infoman sur des routes qu’on ne voit jamais venir.

Le repas de dinde texturé, d’atocas en flocons, de bûche texturée et de champagne texturé a été déposé devant un Gaétan Barrette bon joueur en vignette d’ouverture. Le segment où Éric Duhaime commentait l’actualité a donné lieu à un extrait presque «malaisant» montrant Bernard Drainville se mouchant bruyamment.

Quant aux fondateurs du Journal de Mourréal, c’est avec l’anonymat de leur visage brouillé qu’ils ont accepté de se confier à Infoman. Le procès intenté contre eux par les dirigeants du Journal de Montréal ne s’entamera que dans deux ans. Avec eux, l’animateur est revenu sur cette fausse nouvelle exposant Justin Trudeau embrassant Thomas Mulcair, retweetée par la mairesse de Paris, et la photo truquée d’une baleine échouée dans une ville de l’Utah, qui a mis les médias de l’endroit sur les dents.

«Si les gens ne lisent pas l’article et se font prendre, je ne me sens même pas coupable (…) Tout ce qu’on fait passe pour de la nouvelle, mais ce n’est pas nous, le problème, c’est la nouvelle!», ont martelé les deux comiques derrière le site satirique.

Autre très bon coup que cette rencontre avec Allan Lichtman, le seul journaliste politique qui a été capable de prédire l’élection de Donald Trump en se basant sur un système de questions efficace depuis 1984. Un chroniqueur du Washington Post a par ailleurs expliqué sa méthode pour déguster du papier journal, fâché de s’être trompé dans ses prévisions.

Goldwater et Loïc

L’imitation d’Anne-France Goldwater par Chantal Lamarre, qui avait entassé deux citrouilles dans son chandail en guise de poitrine, était tordante. Prise sur le vif par Infoman il y a quelques semaines alors qu’elle se vidait le nez et se pourléchait les babines avec le contenu, Hélène David s’est vivement excusée, devant la même caméra, de son «pique-nique nasal», comme l’a dit Jean-René Dufort à Philippe Couillard. «Désolée, désolée, désolée. Papa, maman, vous m’avez mieux élevée que ça. Je vous le promets, je ne le ferai plus jamais», s’est repentie la Ministre responsable de l’Enseignement supérieur.

Infoman 2016 est aussi revenu sur les hommages suite à la mort de Fidel Castro, les jeux de mains de Céline Dion (à double sens) avant d’entrer en scène, les perles langagières de Sam Hamad, la «dinde noire» de Gatineau (qui, selon Infoman, est ensuite passée au New Jersey et dans un souper officiel avec Justin Trudeau et Joe Biden), les déplacements du pape François et de Kim Jong-un, les frasques médiatiques de Maxime Bernier, le «John Doe» de Pierre Karl Péladeau, l’imminente fin de règne de Jean Tremblay à la tête de Saguenay, les explosions du Galaxy S7 et le refus du petit prince George de répondre au high five de Justin Trudeau.

Avec son unique sens de l’écoute, Jean-René Dufort a fait parler François Legault des Russes dans son pool de hockey et a décortiqué l’étymologie du terme «féminisme» avec Lise Thériault. Philippe Couillard a déclaré qu’à la chefferie du Parti québécois, «le taux de roulement est élevé». «On fait avec», a-t-il décrété.

C’est nul autre que Loïc de Célibataires et nus, et une de ses «collègues», qui ont introduit le mois de juin. «J’aime ça les filles qui ont des gros… mois», a balancé le jeune homme, nullement intimidé.

On a accolé la classique Song 2 de Blur à la controverse entourant les pitbulls, baptisant le segment «PitBlur». Après avoir imaginé les pensées «Dans la tête de Céline» cet automne, Jean-René et Antoine Vézina ont récidivé, cette fois en imageant à leur manière les paroles de l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal, Michel Therrien. La chanson-thème de l’Inspecteur Gadget a été adaptée pour décrire les humeurs du chef du SPVM, Philippe Pichet. Et Jean-René Dufort a magasiné des vêtements de politicien avec Bernard «Rambo» Gauthier, qui a annoncé avant les Fêtes son intention de sauter dans l’arène.

On a par ailleurs appris de la bouche de Jean-René Dufort même que le coloré maire de Québec, Régis Labeaume, boude Infoman depuis trois ans. Petit manque d’autodérision de Monsieur Labeaume? Un problème qui n’affecte en revanche pas Josée Boudreault, qui a jasé en toute candeur avec Infoman dans la foulée de son AVC, survenu l’été dernier.

«Avant longtemps, je vais avoir plus de mots, tu sauras. Ce sera pas trop long que ça va être mieux que toi», a décoché l’animatrice hilare à l’endroit de Jean-René Dufort.

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