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30/12/2016 03:49 EST | Actualisé 31/12/2017 00:12 EST

Attentat de Berlin: klaxons en Pologne pour le dernier hommage au conducteur tué

Des centaines de camionneurs polonais ont fait résonner les klaxons de leurs poids-lourds à travers tout le pays au moment des obsèques, vendredi à midi, du conducteur du camion utilisé pour l'attentat de Berlin le 19 décembre.

Quelque 120 camions devaient converger dans l'après-midi vers le village de Banie, en Poméranie occidentale (nord-ouest) où il reposera, pour marquer la solidarité avec la victime ainsi que sa femme Zuzanna et son fils Adam, 17 ans.

Le caractère généreux de Lukasz Urban, 37 ans, a été évoqué tant par l'évêque Henryk Wejman dans son homélie lors de la messe ayant précédé l'enterrement que par des proches venus lui dire adieu.

"On est très triste", a dit à l'AFP Danuta Jurewicz, 34 ans, son amie d'enfance.

"Pour moi c'est un héros parce qu'il s'est battu jusqu'à la fin. Lukasz était un homme très bon pour tout le monde. Il nous conduisait à l'école moi et la soeur de Zuzanna. (...) Il ne disait jamais non à personne".

Zofia Zurek, membre de la famille du défunt, se rappelle encore le moment où elle a appris sa mort.

"On a reconnu son camion à la télévision, on savait que c'était lui. Jusqu'à l'identification du corps, nous gardions espoir. Lukasz était un garçon fantastique et il prenait soin de sa famille de manière exemplaire", raconte-t-elle.

Le président Andrzej Duda et un diplomate allemand ont assisté à la messe et aux obsèques, pris en charge par l'Etat polonais, tandis que la chef du cabinet de la Première ministre Beata Szydlo a lu sa lettre de condoléances.

L'auteur de l'attentat, le Tunisien Anis Amri, s'est emparé du semi-remorque d'Urban pour le lancer contre un marché de Noël, tuant 11 autres personnes et en blessant une cinquantaine. Amri a été tué dans la nuit du 22 au 23 décembre à Milan par la police italienne.

Selon le propriétaire polonais de l'entreprise de transport pour laquelle il travaillait, Lukasz Urban avait résisté à son agresseur. Sur la photo montrée par la police allemande, il a vu sur son visage des traces de coups violents.

Le camionneur avait été tué par balles avant l'attentat, contrairement à une hypothèse avancée dans un premier temps par les médias allemands, selon laquelle il aurait fait dévier le camion au moment du massacre et sauvé des vies de passants.

Le parquet fédéral allemand a confirmé jeudi que c'est le système de freinage automatique du poids lourd qui avait arrêté la course mortelle du camion après 70 à 80 mètres, évitant "des conséquences encore pires".

Un mouvement de solidarité lancé par un camionneur britannique, Dave Duncan, a permis de collecter plus de 177.000 livres (près de 206.000 euros) pour la veuve du conducteur polonais et son fils. Les camionneurs polonais ont lancé une collecte similaire.

sim-via/pt