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28/12/2016 10:08 EST | Actualisé 29/12/2017 00:12 EST

Venezuela : nouvelles pièces de monnaie mais pas encore de billets

Les nouvelles pièces de monnaie du Venezuela commençaient mercredi à circuler dans certaines rues de Caracas, mais les nouveaux billets se faisaient toujours attendre, alors que la population redoute le manque de liquide.

Les pièces de 50 bolivars, à l'effigie de Simon Bolivar, héros des luttes d'indépendance en Amérique latine, étaient disponibles chez certains vendeurs de rue, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Mardi un jeune m'en a apporté plusieurs qu'on lui a données à la banque, il voulait les échanger. J'avais 1.000 bolivars donc j'ai fait l'échange", a raconté Richard Guerra, vendeur de confiseries près du Parlement.

Il a confié toutefois n'avoir toujours pas aperçu de billets de 500 bolivars, dont plusieurs cargaisons, contenant 60 millions de coupures selon la Banque centrale, ont pourtant été livrées au pays ces derniers jours.

Dans ce pays frappé par la pire inflation au monde (475% en 2016 selon le FMI), le président socialiste Nicolas Maduro avait créé la surprise en décembre en annonçant le retrait sous trois jours du billet de 100 bolivars (0,15 dollar au taux de change le plus élevé), la coupure la plus élevée et la plus utilisée dans le pays.

Il s'était justifié en invoquant l'existence de "mafias" internationales qui seraient pilotées par Washington pour accumuler de grandes quantités de billets et asphyxier ainsi l'économie vénézuélienne.

Mais la mesure avait tourné au chaos monétaire, en raison du retard de livraison des nouveaux billets, ce qui avait créé une pénurie d'argent liquide, de larges files d'attente devant les banques, et des heurts qui ont fait quatre morts officiellement. Face à la colère populaire, M. Maduro avait dû différer le retrait du billet de 100 bolivars.

Ce dernier sera en vigueur jusqu'à mardi prochain, laissant ensuite place à une nouvelle série de billets allant de 500 à 20.000 bolivars, reflet de l'inflation vertigineuse.

Mais dans la rue les habitants s'inquiètent, comme Edilberto Balza, qui tient un stand de vente de plats à emporter dans le centre de Caracas : les nouvelles de pièces de 50 bolivars, "je n'en ai pas vu beaucoup, et aucun (nouveau) billet", raconte-t-il à l'AFP.

Pays pétrolier, le Venezuela a vu ses finances s'effondrer avec la chute des cours du brut et souffre désormais de graves pénuries d'aliments et de médicaments.

avs/ka/fjb