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28/12/2016 05:23 EST | Actualisé 29/12/2017 00:12 EST

Turquie: les Etats-Unis nient soutenir l'EI en Syrie

L'ambassade américaine à Ankara a nié mercredi soutenir le groupe Etat islamique (EI) en Syrie après que le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé la veille détenir des preuves d'un tel soutien.

"Le gouvernement américain ne soutient pas Daech" (l'acronyme arabe de l'EI), affirme l'ambassade dans un message publié sur la page d'accueil de son site internet. Il "ne l'a ni créé ni soutenu par le passé. Les affirmations selon lesquelles le gouvernement américain soutient Daech sont fausses".

Le communiqué déplore une "désinformation considérable" qui circule dans les médias turcs, sans mentionner pour autant le président Erdogan, ni son discours.

"Pour ceux qui sont intéressés par la vérité, voici la vérité", peut-on lire au début de ce bref message.

Mardi soir, le président Erdogan avait affirmé que la coalition internationale menée par les Etats-Unis venait en appui non seulement aux milices kurdes mais aussi à l'EI.

"C'est parfaitement évident", avait-il déclaré, assurant que la Turquie disposait de preuves en images.

Les Etats-Unis sont alliés en Syrie des Unités de protection du peuple (YPG), qu'Ankara considère comme une organisation "terroriste", alliée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

"Le gouvernement américain n'a pas fourni d'armes ou d'explosifs au PYG ou au PKK - point", réplique le communiqué de l'ambassade, qui assure mener des discussions avec Ankara "sur comment aider au mieux" la Turquie et les rebelles syriens dans leur lutte contre l'EI, notamment dans le fief jihadiste d'Al-Bab où les forces turques sont actuellement engagées.

Le président Erdogan avait estimé la veille que la coalition internationale ne fournissait aucune aide à l'opération militaire turque engagée depuis fin août en Syrie.

Le soutien américain aux milices kurdes et les critiques de Washington à l'égard des politiques menées en Turquie depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet provoquent une colère croissante d'Ankara, à l'approche de la fin de mandat du président Barack Obama.

La Turquie a exprimé son espoir de voir s'ouvrir "une nouvelle page" avec l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche, notamment sur la question de l'extradition de Fethullah Gülen, bête noire d'Ankara qui lui impute le putsch manqué.

Les Etats-Unis, où est installé le prédicateur islamiste, refusent pour l'instant de l'extrader, malgré les demandes répétées d'Ankara.

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