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28/12/2016 08:15 EST | Actualisé 29/12/2017 00:12 EST

Roumanie: la gauche évite une crise, propose un nouveau Premier ministre

Les sociaux-démocrates roumains ont choisi mercredi la voie de l'apaisement en faisant une nouvelle proposition de Premier ministre, au lendemain du rejet de leur candidat initial par le chef de l'Etat Klaus Iohannis.

"Nous avons décidé de ne pas précipiter le pays dans une crise politique (...), c'est pourquoi nous avons décidé de faire une nouvelle proposition", a déclaré le chef des sociaux-démocrates (PSD) Liviu Dragnea à l'issue d'une réunion de son parti, victorieux des élections législatives du 11 décembre et, à ce titre, en droit de former le nouveau gouvernement.

Le nouveau candidat du PSD est Sorin Grindeanu, 43 ans, ministre des Communications dans un précédent gouvernement social-démocrate.

"J'espère que le président ne refusera pas cette proposition", a ajouté M. Dragnea, assurant qu'il s'agissait d'un "ultime" effort de son parti pour éviter une "guerre politique". Selon les observateurs, le chef de l'Etat ne devrait pas faire obstacle à ce nouveau prétendant.

Le chef du PSD a également détaillé les critères ayant conduit au choix de M. Grindeanu: "Il a fallu trouver un collègue qui soit loyal envers le parti, capable de mettre en oeuvre le programme économique, et qui ne cherche pas à créer un pôle de pouvoir au palais Victoria", siège du gouvernement.

M. Dragnea a rappelé que le PSD et son petit allié Alde disposaient d'une solide majorité au parlement, une "force" qui leur permettrait potentiellement de déclencher une suspension du chef de l'Etat, au prix d'une grave crise politique dans ce pays pauvre de l'UE qui avait déjà connu une forte période d'instabilité en 2012.

"Mais je ne suis pas irresponsable et n'utiliserai pas cette force pour nuire au pays", a-t-il précisé.

Le chef de l'Etat avait refusé mardi, sans donner de raison, de nommer au poste de Premier ministre Sevil Shhaideh, inconnue du grand public et issue de la petite minorité turque de Roumanie, suscitant la colère des sociaux-démocrates.

M. Dragnea, sous le coup d'une peine de deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale, avait dû renoncer à briguer lui-même la tête du gouvernement en raison d'une loi qui interdit aux hommes politiques condamnés d'accéder à des responsabilités ministérielles.

Mais M. Dragnea a répété qu'il n'abandonnait pas son ambition de diriger un jour le gouvernement, dénonçant une loi "injuste"

Le PSD a signé un retour en force au parlement, un an après avoir dû quitter le pouvoir sous la pression de la rue à la suite d'un dramatique incendie dans une boîte de nuit de Bucarest.

Avec l'Alde, le parti a reconquis 250 des 465 sièges parlementaires lors des élections marquées par une très forte abstention, sur fond de discrédit des responsables politiques visés par de nombreuses enquêtes judiciaires.

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