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28/12/2016 08:24 EST | Actualisé 29/12/2017 00:12 EST

La solution à deux Etats, seule voie possible pour la paix entre Israël et les Palestiniens (Kerry)

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a réaffirmé mercredi que la solution à deux Etats était "la seule voie possible pour obtenir une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens", et pour préserver la démocratie dans l'Etat hébreu.

Cette solution à deux Etats est "en grave danger", a prévenu M. Kerry, qui doit quitter ses fonctions le 20 janvier, dans un grand discours exposant la vision de l'administration du président sortant Barack Obama sur le Proche-Orient.

L'adoption d'une résolution à l'ONU vendredi condamnant les colonies israéliennes sur laquelle les Etats-Unis n'ont pas opposé de veto et qui a provoqué la colère de l'Etat hébreu "visait à préserver la solution à deux Etats", a expliqué M. Kerry.

"Aujourd'hui, le même nombre de Juifs et de Palestiniens vivent entre le Jourdain et la mer Méditerranée", a-t-il souligné.

"Ils n'ont pas le choix. Il peuvent choisir de vivre ensemble dans un Etat, ou ils peuvent se séparer en deux Etats".

"Mais il y a une réalité fondamentale: si le choix est celui d'un seul Etat, Israël peut être soit Juif soit démocratique --il ne peut pas être les deux-- et il ne sera jamais vraiment en paix", a noté M. Kerry.

"Comment Israël peut-il concilier son occupation perpétuelle avec ses idéaux démocratiques?", a encore demandé le chef de la diplomatie américaine.

"C'est ce que nous défendons: l'avenir d'Israël en tant qu'Etat juif et démocratique, vivant en paix et en sûreté à côté de ses voisins", a-t-il ajouté.

- 'Menace' des colonies sur la paix -

Pour la première fois depuis 1979, les Etats-Unis n'ont pas mis leur veto à une résolution de l'ONU condamnant les colonies israéliennes. Leur abstention a permis l'adoption de la résolution, approuvée par les 14 autres membres du Conseil de sécurité.

Le secrétaire d'Etat américain a accusé Israël d'avoir engagé "un projet exhaustif pour s'approprier des terres en Cisjordanie qui empêche toute implantation des Palestiniens là-bas".

La politique des colons "est en train de décider de l'avenir d'Israël. Leur objectif déclaré est clair: ils croient en un seul Etat, le grand Israël", a dénoncé le chef de la diplomatie américaine.

"Quiconque réfléchissant sérieusement à la paix ne peut ignorer la réalité de la menace des colonies sur la paix", a-t-il ajouté.

Avant le discours de M. Kerry, le futur président Donald Trump avait de nouveau apporté son soutien à Israël, dont les relations avec l'administration Obama sont notoirement exécrables.

"Nous ne pouvons pas continuer à laisser Israël être traité avec un total mépris et un tel manque de respect", a écrit le milliardaire, qui a nommé récemment un ambassadeur en Israël favorable au déménagement de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, un geste qui pourrait sonner le glas des efforts de l'Amérique pour la paix au Proche-Orient.

Les Israéliens "étaient habitués à avoir un grand ami aux Etats-Unis, mais ce n'est plus le cas. Le début de la fin a été cet horrible accord avec l'Iran (sur la politique nucléaire, NDLR), et maintenant (l'ONU)! Reste fort Israël, le 20 janvier est très proche!", a ajouté le président élu.

Ces relations tendues avec l'administration Obama n'ont pas empêché Israël de se voir octroyer il y a quelque semaines une aide militaire de 38 milliards de dollars sur dix ans.

dc-are/elm