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28/12/2016 09:21 EST | Actualisé 29/12/2017 00:12 EST

France: une femme battue qui avait tué son mari grâciée par le président

Présentée en France comme un symbole des victimes de violences conjugales, une sexagénaire condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent est sortie de prison mercredi, grâciée par le président François Hollande.

Le chef de l'État français lui a accordé "une remise gracieuse du reliquat de sa peine d'emprisonnement", mettant "fin immédiatement à sa détention", a annoncé mercredi après-midi la présidence dans un communiqué.

Il "a estimé que la place de Mme Sauvage n'était plus aujourd'hui en prison, mais auprès de sa famille", a-t-on ajouté de même source.

Jacqueline Sauvage, 69 ans, a tué son mari en 2012 de trois coups de fusil dans le dos après avoir subi pendant 47 ans ses violences, notamment sexuelles, dont ses quatre enfants ont également été victimes. Son acte était intervenu au lendemain du suicide de leur fils.

Ses trois filles, qui n'ont cessé de la soutenir, avaient témoigné contre leur père, expliquant avoir été violées et battues, comme l'était leur mère.

Jacqueline Sauvage a été reconnue coupable en première instance comme lors d'un procès en appel en décembre 2015.

Son cas avait ému des associations féministes, des personnalités du monde de la culture, des responsables politiques. Une pétition appelant à sa libération avait recueilli près de 436.000 signatures.

Le président Hollande lui avait accordé une première grâce partielle en début d'année, notamment de la période de sûreté, lui permettant de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle. En vain, puisque sa demande de libération conditionnelle avait été rejetée.

Après le rejet en appel, ses avocates ont indiqué que Jacqueline Sauvage et sa famille renonçaient à se pouvoir en cassation. Le président Hollande a de son côté saisi le ministre de la Justice, le 9 décembre.

"J'en pleure, c'est merveilleux (...), on y croyait sans y croire. Un merci infini au président de la République", a réagi sur France Info mercredi Caroline Marot, l'une des filles de Mme Sauvage après l'annonce de la grâce, disant être en route pour la prison.

Jacqueline Sauvage est sortie mercredi peu avant 18H30 de la prison de la région parisienne où elle était détenue, dont elle est partie, en voiture, avec trois membres de sa famille à bord, selon une source policière.

Associations féministes et personnalités politiques ont salué la grâce accordée à Mme Sauvage.

Mais un syndicat de magistrats a fustigé un geste "très hypocrite", par lequel le président français "piétine allègrement" sa promesse de respecter l'indépendance de la justice dans ce dossier.

bur-jg/mr