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28/12/2016 01:20 EST | Actualisé 28/12/2016 01:21 EST

France: Jacqueline Sauvage, la femme battue qui avait tué son mari, est grâciée par le président

Bernard Menigault via Getty Images
PARIS, FRANCE - DECEMBER 10: Janine Bonaggiunta, Jean-Baptiste Reddé and Eva Darlan attend at the rally for the liberation of Jacqueline Sauvage at the Parvis des Libertés et des Droits de l'Homme on December 10, 2016 in Paris, France. (Photo by Bernard Menigault/Corbis via Getty Images)

Le chef de l'État français a décidé de grâcier une sexagénaire condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent et devenue, depuis, un symbole des victimes de violences conjugales, a annoncé la présidence mercredi dans un communiqué.

François Hollande lui a accordé "une remise gracieuse du reliquat de sa peine d’emprisonnement", qui "met fin immédiatement à sa détention".

"Le président de la République a estimé que la place de Mme Sauvage n’était plus aujourd’hui en prison, mais auprès de sa famille", a ajouté le palais présidentiel.

Jacqueline Sauvage, née en 1947, a tué son mari en 2012 de trois coups de fusil dans le dos après avoir subi pendant 47 ans ses violences, notamment sexuelles, dont ses quatre enfants ont également été victimes. Son acte était intervenu au lendemain du suicide de leur fils.

Ses trois filles, qui n'ont cessé de la soutenir, avaient témoigné à charge contre leur père, expliquant avoir été violées et battues, comme l'était leur mère.

Jacqueline Sauvage avait été reconnue coupable en première instance comme lors d'un procès en appel en décembre 2015.

Son cas avait ému des associations féministes, des personnalités du monde de la culture, des responsables politiques et des pétitions appelant à sa libération avaient circulé, dont l'une avait recueilli près de 436 000 signatures.

Le président Hollande lui avait accordé une première grâce partielle en début d'année, notamment de la période de sûreté, lui permettant de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle.

Mais cette demande a été rejetée en première instance, puis en appel. La cour d'appel de Paris a notamment estimé que la réflexion de Jacqueline Sauvage demeurait "pauvre et limitée puisqu'elle peine encore" à accéder à un "authentique sentiment de culpabilité".

Selon ses services, le chef de l'État a pris sa décision annoncée mercredi "après avis du ministre de la Justice", saisi le 9 décembre après le rejet en appel de la demande de libération conditionnelle.

Après ce rejet, ses avocates avaient indiqué que Jacqueline Sauvage et sa famille renonçaient à se pouvoir en cassation.

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