POLITIQUE
23/12/2016 06:28 EST | Actualisé 23/12/2016 06:28 EST

Transferts en Santé: Philippe Couillard dénonce la tactique de division d'Ottawa

Philippe Couillard, premier of Quebec, speaks during the International Economic Forum of the Americas in Montreal, Quebec, Canada, on Monday, June 13, 2016. The conference promotes free discussion on major current economic issues and facilitates meetings between world leaders to encourage international discourse by bringing together Heads of State, the private sector, international organizations and civil society. Photographer: Brent Lewin/Bloomberg via Getty Images
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Philippe Couillard, premier of Quebec, speaks during the International Economic Forum of the Americas in Montreal, Quebec, Canada, on Monday, June 13, 2016. The conference promotes free discussion on major current economic issues and facilitates meetings between world leaders to encourage international discourse by bringing together Heads of State, the private sector, international organizations and civil society. Photographer: Brent Lewin/Bloomberg via Getty Images

Le premier ministre Philippe Couillard dénonce les tactiques de division d'Ottawa dans le dossier des transferts fédéraux en matière de santé, qu'il a qualifiées de "déplorables", en entrevue avec la Presse canadienne. Il enjoint à Justin Trudeau de revoir son attitude et de penser d'abord au bien des patients.

Car s'il ne change pas de cap, le premier ministre canadien risque de fort de laisser en héritage le retour au déséquilibre fiscal, prévient-il.

M. Couillard réagissait après la signature jeudi d'un accord bilatéral entre Ottawa et le Nouveau-Brunswick pour les transferts en santé, un geste qui a miné le front commun de négociation des provinces pour une entente nationale.

Il demande ainsi au premier ministre canadien de piloter de réelles négociations directement avec les premiers ministres des provinces et des territoires. La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a aussi formulé pareille demande.

M. Couillard se dit convaincu qu'une telle entente nationale demeure possible, reconnaissant que des compromis devront être faits de part et d'autre.

Depuis l'entrevue avec M. Couillard réalisée en milieu d'après-midi vendredi, deux autres provinces ont signé des ententes bilatérales: la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve. Contacté au sujet de ce développement, le bureau de M. Couillard a indiqué que cela ne faisait que renforcer sa position?.

M. Couillard a évité en entrevue de critiquer son homologue néo-brunswickois, déclarant que "M. (Brian) Gallant peut bien faire ce qu'il veut", et semblant préférer diriger ses critiques vers Ottawa.

Selon le premier ministre du Québec, Ottawa doit cesser de tenter de diviser les provinces ou de les séparer pour en arriver à leur verser des sommes moindres, réduisant leur capacité à offrir des soins de santé à leurs populations respectives.

Cette façon de procéder, en plus de celle de l'ultimatum de type "à prendre ou à laisser", n'est pas dans l'esprit de la fédération, ni d'un fédéralisme de collaboration, tranche-t-il.

"Bien avant les petites victoires tactiques qu'on voit se dessiner actuellement, par cette tactique de division à laquelle on assiste, de tenter de dresser certaines provinces, ou d'en séparer d'autres, à l'approche du 150e anniversaire du pays, ce n'est vraiment pas un bon choix", a-t-il pris soin de souligner.

Ottawa ne doit pas tirer avantage de la vulnérabilité financière de certaines provinces, notamment celles des Maritimes, juge-t-il.

De plus, sur le fond du sujet, si Justin Trudeau ne modifie pas sa trajectoire, on se dirige tout droit vers le retour du déséquilibre fiscal, et des déficits pour les provinces, a insisté M. Couillard.

Lundi, les provinces et territoires ont rejeté en bloc l'offre fédérale globale qui prévoyait le versement de 25 milliards $ de plus sur cinq ans dans les soins de santé. Une grande partie de cette somme devait toutefois être consacrée spécifiquement à la santé mentale et aux soins à domicile. Or, certaines provinces, dont le Québec, estiment qu'il s'agit là d'une ingérence fédérale dans un champ de compétence provincial.

De plus, cette offre ferait en sorte de réduire la participation du fédéral au système de santé de 23 pour cent à 20 pour cent, alors qu'une participation à hauteur de 25 pour cent était visée, indique M. Couillard. Il souhaite une entente qui serait à long terme, avec un facteur d'accélération des versements, et qui ferait en sorte qu'un maximum d'argent soit remis aux provinces par le Fonds canadien en santé, et non pas dans des fonds avec des échéances temporelles.

La réduction des transferts fédéraux va fragiliser l'architecture du système de santé, dit le premier ministre québécois.

"Je ne pense pas que ce soit l'héritage souhaité par Justin Trudeau en matière de santé, qui demeure la première préoccupation des Canadiens".


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