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23/12/2016 07:17 EST | Actualisé 23/12/2016 07:17 EST

Plus de la moitié des Brésiliennes tentent d'éviter une grossesse par peur du Zika, selon une étude

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RECIFE, BRAZIL - FEBRUARY 02, 2016: Jocilene Goncalo de Lima, 30, with her baby Evelyn Vitoria at the Instituto Materno Infantil Professor Fernando Figueira on February 02, 2016, in Recife, Brazil.CRYING and helpless, these disfigured babies are the latest victims of what some scientists are calling a bigger threat than HIV. The city of Recife on Brazils tropical north-east coast is the epicentre of the Zika virus outbreak, which is has been linked to thousands of cases of microcephaly. At the forefront of the citys epidemic is the IMIP Hospital. Among the patients seen at the treatment centre on Tuesday, February 2, were a pair of twins where one of the newborns had been born with microcephaly and the other without. Brazils Health Ministry estimates roughly between 500,000 and 1.5 million people are infected with Zika in the country. Experts suspect the mosquito-borne virus in pregnant women can cause microcephaly in babies, but concrete evidence has yet to surface.PHOTOGRAPH BY Clara Gouvêa / Barcroft MediaUK Office, London.T +44 845 370 2233W www.barcroftmedia.comUSA Office, New York City.T +1 212 796 2458W www.barcroftusa.comIndian Office, Delhi.T +91 11 4053 2429W www.barcroftindia.com (Photo credit should read Barcroft Media / Barcroft Media via Getty Images)

Une étude menée auprès de Brésiliennes âgées de 18 à 39 ans révèle que 56 % d'entre elles souhaitent éviter une grossesse par crainte d'être infectées par le virus Zika. Les auteurs de l'étude pressent les autorités brésiliennes d'offrir à ces femmes un meilleur accès à la contraception et de considérer la levée éventuelle du moratoire qui pèse sur l'avortement dans ce pays.

Menée en juin dernier auprès de 2002 femmes en âge de procréer, l'étude montre que 56 % des répondantes tentent d'éviter de tomber enceintes en raison de l'épidémie de Zika qui frappe le Brésil depuis 2015.

Plus du quart ont affirmé n'avoir pris aucune mesure pour éviter une grossesse, tandis que 16 % n'avaient aucunement le désir d'être mère, indépendamment de l'épidémie.

Les auteurs de cette étude, publiée dans The Journal of Family Planning and Reproductive Health Care, ont rencontré individuellement les participantes, qui étaient des femmes instruites et vivant dans des zones urbaines.

Un appel pour des politiques plus progressistes en santé

Plus de la moitié de ces femmes ont affirmé être effrayées à la perspective d'être infectées par le virus Zika durant leur grossesse, ce qui leur ferait courir le risque d'accoucher d'un enfant atteint de graves anomalies cérébrales. Cela fait dire aux auteurs de l'étude que le Brésil doit bonifier de toute urgence ses politiques de santé en matière de reproduction, afin de procurer aux femmes des moyens de contraception efficaces et plus sûrs.

Les auteurs de l'étude invitent aussi le gouvernement brésilien à revoir sa politique de « criminalisation de l'avortement ». L'interruption de grossesse est interdite au Brésil, sauf dans les cas de viol et quand la vie de la mère est en danger.

Le Brésil, au coeur de la tourmente du Zika

Sur le 60 pays aux prises avec l'épidémie de Zika, le Brésil est le plus durement touché, avec 2000 cas potentiellement liés au virus. Dans le nord du pays, où l'épidémie a été la plus virulente, 66 % des femmes interrogées ont évité de devenir enceintes, comparativement à 46 % dans le sud du pays.

Parmi les répondantes, près des deux tiers des femmes noires et plus de la moitié des femmes métisses - contre 51 % des femmes blanches - se sont dites craintives de tomber enceintes. Les auteurs de l'étude rappellent que ces « groupes ethniques les plus vulnérables » ont été frappés plus durement par l'épidémie de Zika.

Transmis par certains moustiques, le virus peut très vraisemblablement, dans certains cas, provoquer le syndrome de Guillain-Barré, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

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