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21/12/2016 08:02 EST | Actualisé 22/12/2017 00:12 EST

Roumanie/gouvernement: la gauche lâche du lest pour éviter une crise politique

Le chef de file des sociaux-démocrates roumains, Liviu Dragnea, victorieux des législatives du 11 décembre, a annoncé mercredi qu'il ne briguerait pas le poste de Premier ministre afin d'éviter un bras de fer avec le président de centre-droit Klaus Iohannis.

"Le PSD a remporté les élections, ce qui me donnerait le droit de prétendre au poste de Premier ministre. Mais je ne veux pas provoquer un conflit inutile", a déclaré M. Dragnea aux journalistes à l'issue d'une réunion avec M. Iohannis à Bucarest.

Le parti, qui s'est assuré une majorité absolue au Parlement, a proposé au président de charger l'ancienne ministre du Développement Sevil Shhaideh, 52 ans, de former le nouveau gouvernement, a-t-il précisé.

M. Dragnea a souligné que Mme Shhaideh avait sa "totale confiance" et qu'il entendait "assumer la responsabilité des actions gouvernementales" qu'elle entreprendrait.

L'opposition a accusé le chef du PSD d'avoir choisi "une personne de paille destinée à lui préparer le terrain pour qu'il devienne Premier ministre", selon les termes du député Cristian Ghinea (USR, libéral).

Le chef de l'Etat devrait désigner le nouveau Premier ministre jeudi, à l'issue d'entretiens avec tous les partis représentés au Parlement.

M. Dragnea, 54 ans, avait auparavant laissé entendre qu'il serait candidat à ce poste. Mais une condamnation à deux ans de prison avec sursis au printemps pour fraude électorale le rend inéligible à toute fonction ministérielle, selon la loi.

"Pour moi, la loi est une chose sérieuse (...) et je n'envisage pas de passer outre", a-t-il souligné mercredi. M. Dragnea a aussi assuré avoir tenu compte du refus de M. Iohannis de nommer Premier ministre toute personne ayant des démêlés avec la justice, même non assortis d'une condamnation.

Il a toutefois confié qu'il ne renonçait pas à son rêve de diriger un jour le gouvernement, laissant entendre que la loi, "non constitutionnelle" à ses yeux car prévoyant une sanction "à vie", pourrait être modifiée prochainement.

Plusieurs membres du PSD avaient d'ailleurs affirmé, aussitôt après les élections, chercher des solutions légales pour contourner cette loi.

Cette formation avait en outre exprimé l'espoir que le Défenseur des droits conteste ce texte auprès de la Cour constitutionnelle, mais ce dernier a annoncé qu'il ne prendrait aucune décision à cet égard avant l'investiture du prochain gouvernement.

Le PSD et son petit allié libéral Alde détiennent ensemble 250 sièges sur un total de 465. M. Dragnea a été élu mercredi président de la Chambre des députés.

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