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21/12/2016 15:25 EST | Actualisé 22/12/2017 00:12 EST

Québec déclenche une enquête publique sur les relations avec les Autochtones

Après avoir écarté cette possibilité pendant des mois, le gouvernement du Québec lance officiellement une enquête publique sur les relations entre les policiers et les Autochtones, mais l'étend aussi à d'autres services publics. La commission, nommée Écoute réconciliation et progrès, se penchera ainsi sur le traitement des Autochtones au sein des services correctionnels, et des systèmes de justice et de santé. Par ailleurs, l'enquête ne se limitera pas à Val d'Or.

La commission d'enquête sera présidée par le juge à la retraite Jacques Viens, qui a œuvré à la Cour supérieure d'Amos, en Abitibi-Témiscamingue.

L'annonce vient confirmer l'intention exprimée par le premier ministre la semaine dernière, à l'issue d'une rencontre avec des dirigeants autochtones.

La commission n'aura pas pour mandat de refaire l'enquête criminelle menée par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sur les agissements des policiers visés par les dénonciations de femmes autochtones à Val-d'Or. Aucune accusation n’avait été portée contre les six agents de la Sûreté du Québec (SQ) mis en cause.

La commission portera sur les 15 dernières années.

Voilà plus d'un an que les leaders réclamaient sans relâche la tenue d'une enquête sur le racisme systémique à l'endroit des Autochtones, dans la foulée d'un reportage-choc de l'émission Enquête. En octobre 2015, l'émission diffusait le témoignage troublant de plusieurs femmes autochtones de Val-dOr, qui dénonçaient publiquement des violences qu'auraient commises des policiers.

Philippe Couillard avait estimé que la commission fédérale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées était suffisante. Les commissaires ont cependant indiqué jeudi dernier qu'ils n'examineraient pas en profondeur les faits survenus à Val-d'Or. Dans une lettre transmise au gouvernement québécois quelques jours plus tôt, ils ont estimé qu'une éventuelle enquête provinciale serait « hautement complémentaire » au mandat de la commission fédérale « et ne nuirait en rien à son travail ».

Le déclenchement de l'enquête québécoise survient un mois après la publication du rapport de l'observatrice civile indépendante désignée par Québec, Fannie Lafontaine, sur l'enquête du SPVM examinant des allégations d'agressions sexuelles commises par des policiers de la SQ contre des femmes autochtones. Celle-ci concluait à une enquête « impartiale », mais « insuffisante » dans un contexte de « profonde crise sociale marquée par des enjeux plus collectifs et plus systémiques ».

Plus de détails suivront.