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21/12/2016 09:16 EST | Actualisé 22/12/2017 00:12 EST

Pérou : l'ex-président Fujimori retourne en prison après des examens

L'ex-président péruvien Alberto Fujimori (1990-2000), emprisonné pour corruption et crime contre l'humanité, a quitté mercredi la clinique où il a passé des examens médicaux pour retourner en prison, dénonçant des conditions de détention qui le "tuent lentement".

"Je ne demande pas de privilèges, juste les conditions minimales pour survivre à cette prison qui me tue lentement", a affirmé l'ancien chef de l'Etat sur le compte Twitter géré par ses proches.

Alberto Fujimori, qui a passé deux jours en clinique, purge depuis 2007 une peine de 25 ans de prison pour avoir commandité deux massacres perpétrés en 1991-1992 par un escadron de la mort, au cours desquels 25 personnes avaient été assassinées, dont un enfant, dans le cadre de la lutte contre la guérilla maoïste du Sentier Lumineux.

Il a cette fois subi des examens médicaux pour un kyste au pancréas, a expliqué à l'AFP son médecin traitant, Alejandro Aguinaga.

Les transferts d'Alberto Fujimori dans des établissements de soins ont été récurrents ces trois dernières années en raison d'une hypertension artérielle et d'un cancer de la langue, pour lesquels il a été opéré cinq fois, notamment en septembre, qui requièrent un suivi périodique. Début décembre, il avait été hospitalisé pour un risque d'ischémie cérébrale.

En raison de son âge et de ses problèmes de santé, une demande de grâce a été déposée récemment par un citoyen péruvien, mais rejetée par le gouvernement.

Le président Pedro Pablo Kuczynski avait affirmé en juillet qu'il ne gracierait pas l'ancien chef de l'Etat mais qu'il signerait une loi lui permettant de purger sa peine à domicile si la demande était faite par le Parlement. Celui-ci est contrôlé par l'opposition dirigée par la fille de M. Fujimori, Keiko Fujimori.

Arrivé au pouvoir en 1990, Alberto Fujimori avait à la fin 2000 fui le Pérou pour le Japon, pays natal de ses parents, sur fond d'énorme scandale de corruption, pour démissionner par un fax envoyé d'un hôtel de Tokyo.

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