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21/12/2016 02:31 EST | Actualisé 22/12/2017 00:12 EST

L'Ukraine adopte un budget d'austérité dans les clous fixés par le FMI

Le parlement ukrainien a adopté mercredi un budget d'austérité pour 2017 qui double le salaire minimum tout en maintenant le déficit dans les clous imposés par le Fonds monétaire international pour poursuivre son aide financière.

Approuvé par les députés de la Rada au petit matin après une nuit de débat, le texte prévoit des dépenses d'environ 26 milliards d'euros et un déficit de 3% du produit intérieur brut.

Le FMI, qui a accordé un plan d'aide de 17,5 milliards de dollars pour éviter à l'Ukraine la faillite, demande à Kiev de maintenir le déficit sous le seuil de 3% et de réduire les multiples subventions héritées de la période soviétique qui pèsent sur ses finances publiques.

L'adoption du budget constituait une étape importante en vue de recevoir une nouvelle tranche de 1,3 milliard de dollars de cette aide en début d'année prochaine.

Le Premier ministre Volodymyr Groïsman a assuré que les secteurs clés de l'économie continueraient de bénéficier du soutien public, notamment l'agriculture et la défense.

Les dépenses militaires représentent 5% du PIB, un niveau élevé dû au conflit mené depuis deux ans et demi contre les séparatistes prorusses dans l'Est et qui a fait près de 10.000 morts.

Le salaire minimum va être doublé pour atteindre 3.200 hryvnia (116 euros) par mois, une mesure controversée car risquant de relancer l'inflation, qui avait atteint 45% l'an dernier, mais justifiée par le très faible niveau de vie de la population.

Certains experts ont critiqué l'examen du budget en pleine nuit, qui devient une tradition au parlement ukrainien.

"Vu le temps limité dont ils disposent, (les députés) n'ont aucun moyen de savoir ce que contient le texte, et certains d'entre eux dorment tout simplement", a expliqué le politologue Mykola Davydiouk à l'AFP.

L'analyste s'est inquiété par ailleurs du manque de financement alloué à des projets d'infrastructures d'ampleur, de nature à réduire le chômage et relancer la croissance, qui repart timidement actuellement après plusieurs années d'effondrement.

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