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21/12/2016 06:26 EST | Actualisé 22/12/2017 00:12 EST

Grèce: Paris défend les mesures sociales annoncées par Tsipras

Le Premier ministre français Bernard Cazeneuve a défendu mercredi les mesures sociales annoncées par son homologue grec Alexis Tsipras sur les petites retraites et la fiscalité des îles accueillant des migrants, mal accueillies par l'Allemagne et l'Eurogroupe.

Les conditions dans lesquelles Athènes a pris ces mesures "ne remettent en rien en cause les objectifs que la Grèce se devait d'atteindre compte tenu des engagements pris devant l'Union européenne", a estimé M. Cazeneuve devant les députés français.

Début décembre, M. Tsipras avait annoncé un bonus de fin d'année pour les petits retraités et le report à 2018 de la hausse nationale de la TVA de 17 à 24%, pour certaines îles se trouvant en première ligne face aux flux des migrants.

Ces mesures - la première a été votée et la deuxième doit être adoptée ce mercredi - sont financées par une partie de l'excédent primaire (c'est-à-dire hors charge de la dette) dégagé cette année, supérieur aux objectifs assignés par les créanciers.

Mais l'annonce de ces aides a irrité Berlin, conduisant la semaine dernière le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem à faire part de "la suspension" des mesures décidées le 5 décembre par les créanciers de la Grèce, UE et FMI, en faveur d'une légère réduction de la dette publique de celle-ci.

Pour que ces mesures en faveur d'Athènes s'appliquent, la France va "agir au sein de l'UE pour que les faits soient rétablis, pour que les pays de l'UE aient des positions équilibrées et justes et pour que la Grèce soit soutenue par l'UE", a promis M. Cazeneuve.

Le gouvernement français "convaincra, j'en suis certain, l'Union d'aller dans cette direction", a affirmé le Premier ministre, disant avoir "toute confiance dans la capacité de la Grèce à assumer ses responsabilités".

Le président François Hollande s'était déjà opposé jeudi dernier à la décision de la présidence de l'Eurogroupe de suspendre les mesures d'allègement, demandant à ce qu'Athènes soit "traité dignement". L'initiative a également été contestée par le commissaire européen aux Affaires Économiques, le Français Pierre Moscovici.

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