DIVERTISSEMENT
21/12/2016 04:33 EST

Les films à l'affiche dès le 23 décembre 2016 (PHOTOS)

Sortie au cinéma prévue? Découvrez les films à l'affiche cette semaine!

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:

Galerie photo Films de la semaine Voyez les images

ASSASSIN'S CREED

États-Unis. 2016. 115 min.

Drame fantastique de Justin Kurzel avec Michael Fassbender, Marion Cotillard, Jeremy Irons, Brendan Gleeson, Charlotte Rampling, Michael Kenneth Williams, Ariane Labed, Denis Ménochet.

Au terme d'un long séjour dans le couloir de la mort, Cal est catapulté chez Abstergo Industries, une mystérieuse prison privée. Le criminel révolté a échappé de justesse à son exécution - feinte mais savamment mise en scène - grâce à Sofia. Cette scientifique a créé une machine permettant, par la mémoire contenue dans l'ADN de ses détenus, de retourner à l'époque de l'Inquisition espagnole. Son but? Retrouver la pomme d'Eden, un objet contenant le germe de la volonté des Hommes, recherché par deux camps ennemis: les Templiers, qui souhaitent asservir le monde, et les Assassins, gardiens de la libre pensée. Cal étant le descendant du dernier détenteur de la pomme d'Eden, Sofia est pressée par son père Rikkin, pdg d'Abstergo, de l'envoyer en mission dans le passé. Une séance, puis une autre, leur fournissent des indices prometteurs. Mais Cal demeure récalcitrant.

Ce qui distingue ASSASSIN'S CREED des autres adaptations de jeux vidéo? Pas grand-chose, tant l'ensemble apparaît formaté et faussement solennel. Signalons toutefois l'ingénieuse recherche sonore et quelques effets visuels hautement sophistiqués. Également, l'intrigue simplissime et redondante a (comme la vedette) du ressort dans le pied.

CHANTEZ

États-Unis. 2016. 108 min.

Film d'animation de Garth Jennings.

Afin d'éviter la faillite de son théâtre qu'il dirige depuis des décennies, le koala Buster Moon organise un concours de chant. Par accident, sa secrétaire Miss Crawley annonce par communiqué que le gagnant méritera cent mille dollars plutôt que mille. Aussitôt, le théâtre est envahi par des centaines d'aspirants chanteurs. À la fin des auditions, Buster retient Rosita la truie, qu'il jumelle au cochon Gunter, la porc-épic Ash, qu'il sépare de son petit ami avec qui elle formait un duo, ainsi que le gorille Johnny et la souris Mike. Ayant été incapable de passer l'audition en raison de sa timidité, l'éléphante Meena est engagée par Buster comme technicienne de scène. Alors que les répétitions vont bon train, Buster fait tout pour convaincre son idole, la légendaire Nana Noodleman, d'investir dans son théâtre et d'arrondir la somme faramineuse qu'il s'est engagé à remettre au gagnant du concours.

Ce nouveau film des producteurs de DESPICABLE ME paraît bien pâle en comparaison, avec son récit nostalgique sans surprise, ses sous-intrigues plaquées et son animation manquant d'éclat. Bien que colorés et attachants, les personnages sont desservis par des performances vocales trop sages, qui ont peu de chances de susciter l'engouement des jeunes spectateurs.

FENCES

États-Unis. 2016. 139 min.

Drame réalisé et interprété par Denzel Washington avec Viola Davis, Mykelti Williamson, Russell Hornsby, Jovan Adepo, Stephen McKinley Henderson.

Pittsburgh, années 1950. De retour du travail, Troy, éboueur habitant un quartier ouvrier, ouvre une bouteille qu'il partage avec un camarade qu'il a connu jadis en prison. C'est l'occasion pour le quinquagénaire afro-américain de ruminer avec grandiloquence ses espoirs déçus de devenir une vedette du baseball, échec qu'il attribue à la discrimination raciale sévissant dans le sport professionnel. L'amertume qu'il en retire, comme les leçons qu'il dégage de son enfance difficile auprès d'un père peu aimant, l'entraîne à manquer de délicatesse envers ses proches, malgré sa personnalité généreuse. Ainsi, Troy trompe la femme qu'il aime depuis 18 ans, dénigre le choix de carrière de son fils aîné, musicien dans l'âme, et brime les rêves sportifs de son cadet. Aux côtés de cet homme qui prend toute la place, chacun tente tant bien que mal d'organiser sa vie.

Denzel Washington a joué à Broadway dans la pièce à succès d'August Wilson - qui lui a valu un Tony Awards - avant d'en proposer cette brillante adaptation, qui se signale par son symbolisme éloquent et ses changements de tonalités bien négociés. Époustouflant en patriarche aigri, Washington dirige avec doigté ses talentueux partenaires.

LE FILS DE JEAN

France. 2015. 98 min.

Drame psychologique de Philippe Lioret avec Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Catherine De Léan, Marie-Thérèse Fortin, Pierre-Yves Cardinal, Patrick Hivon.

Cadre dans une entreprise parisienne, Mathieu Capelier apprend que son père naturel, un médecin québécois qu'il n'a pas connu, a péri lors d'une expédition de pêche. Apprenant du même souffle que ce dernier a eu deux fils auprès d'une autre femme, Mathieu, enfant unique et père d'un gamin en garde partagée, traverse l'océan pour faire leur connaissance. Mais à son arrivée, le jeune Français est fraîchement accueilli par Pierre, le meilleur ami du défunt, qui s'oppose à cette rencontre. Toutefois, les choses se précipitent quand, pour des motifs liés aux rites juifs, Sam, le fils avocat, insiste pour qu'on retrouve le corps de son père, jusque là introuvable. Faisant promettre à Mathieu de ne pas révéler sa véritable identité à ses deux demi-frères, Pierre l'emmène au lac où s'est produit le drame.

Le réalisateur de JE VAIS BIEN, NE T'EN FAIS PAS oscille entre sensibilité et lourdeur pour cette adaptation très libre d'un roman de Jean-Paul Dubois. Fabriquée, l'intrigue multiplie les développements aberrants pour protéger un secret qui n'en méritait pas tant. Gabriel Arcand excelle néanmoins dans un rôle de vieux bourru taiseux dont il a le secret.

JACKIE

États-Unis. 2016. 100 min.

Drame biographique de Pablo Larrain avec Natalie Portman, Billy Crudup, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig, John Hurt, Max Casella.

En novembre 1963, dans sa grande maison de Hyannis Port au Massachusetts, Jackie Bouvier Kennedy donne une entrevue au journaliste Theodore H. White, du magazine Life, non sans avoir imposé son droit de regard sur le texte final. L'enjeu est capital pour elle, et pour le pays. Car cette rencontre a lieu quelques jours seulement après l'enterrement de son mari, le président John F. Kennedy, assassiné au cours d'une visite pré-électorale à Dallas. De son émission spéciale enregistrée en 1961 sur la redécoration de la Maison-Blanche jusqu'aux décisions qu'elle a dû prendre dans l'urgence après le drame pour organiser les funérailles, Jackie passe en revue avec le journaliste les moments marquants de sa vie de Première dame, qui a fait d'elle une icône nationale, investie d'une mission unique.

Pablo Larrain (NO, LE CLUB) signe un portrait de femme fascinant et complexe, mêlant douleur intime et collective. Jouant habilement de flashbacks superbement photographiés, au fil d'un récit d'une grande qualité d'écriture, le réalisateur s'approche au plus près du visage d'une Natalie Portman éblouissante, au sommet de son art.

LION

États-Unis. 2016. 120 min.

Drame biographique de Garth Davis avec Dev Patel, Sunny Pawar, Rooney Mara, Nicole Kidman, David Wenham.

Inde, 1986. Le petit Saroo, cinq ans, est séparé de son grand frère Guddu sur un quai de gare. Ne le voyant pas revenir, il s'endort sur la banquette d'un train vide. L'engin se met en branle et le catapulte au coeur de Calcutta, à 1600 kilomètres de chez lui. Condamné à l'errance et ne parlant pas la langue, Saroo s'extirpe de divers pièges funestes avant d'être recueilli par une organisation caritative. Il caresse toujours l'espoir de rentrer chez lui, mais comme il est incapable d'identifier sa province de provenance et de fournir le nom de sa mère veuve, les recherches sont vaines. Quelques mois plus tard, il est adopté par un couple sans enfants de Tasmanie, qui l'élève avec amour et fierté. Vingt ans plus tard, alors qu'il étudie l'hôtellerie à Melbourne, Saroo éprouve une envie soudaine de retrouver la trace de sa mère, de son frère et de sa petite soeur. Mais comment s'y prendre? Un ami de sa copine lui parle d'une application web révolutionnaire, du nom de Google Earth.

S'il ne possède pas l'humour spirituel de SLUMDOG MILLIONNAIRE, LION égale le film de Danny Boyle en puissance lacrymogène. Le lien de parenté entre les deux films est du reste consolidé par la présence de Dev Patel au générique de chacun. Sa composition solide est cependant éclipsée par celle de Sunny Pawar, criant de vérité en petit sans-famille.

PASSAGERS

États-Unis. 2016. 116 min.

Science-fiction de Morten Tyldum avec Chris Pratt, Jennifer Lawrence, Michael Sheen, Laurence Fishburne, Aurora Perrineau, Andy Garcia.

En route vers la planète colonisée Homestead II, avec à son bord 5000 passagers et 258 membres d'équipage, le vaisseau Avalon entre en collision avec un astéroïde, causant une dysfonction de l'ordinateur de bord. C'est ainsi que Jim Preston est tiré de son sommeil d'hibernation, 90 ans trop tôt. Au terme d'une année de complète solitude, et après moult réflexions, il provoque l'éveil d'une autre passagère, l'auteure et journaliste Aurora Lane. Paniquée à l'idée de ne pas atteindre de son vivant Homestead II, où elle comptait documenter l'expérience des colons terriens, la jeune femme, comme Jim un an plus tôt, cherche un moyen de retourner en état d'hibernation. En vain. Résignée à passer le reste de sa vie sur le vaisseau, Aurora s'éprend de l'ingénieur, sous le regard d'Arthur, le barman androïde. Mais une autre menace couve: l'Avalon, lourdement endommagé depuis la collision, risque d'exploser.

Le dilemme moral troublant et le paradoxe existentiel fascinant, au menu de cette romance intergalactique, ne rendent pas plus digestes les escales attendues et le traitement sucré et racoleur. Les décors du gigantesque vaisseau sont toutefois très sophistiqués, avec une piscine au design audacieux, théâtre de la séquence la plus anxiogène et imaginative du film.

POUR L'AMOUR D'HOLLYWOOD

États-Unis. 2016. 127 min.

Comédie musicale de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Emma Stone, J.K. Simmons, Finn Wittrock, Sonoya Mizuno.

Établie depuis six ans à Los Angeles, Mia travaille dans un café et vogue d'audition en audition, dans l'espoir de décrocher un rôle qui lancera sa carrière d'actrice. Sebastian, pour sa part, gagne sa croûte en jouant du jazz consensuel dans un restaurant guindé. Mais dans son for intérieur, il carbure au free-jazz et ambitionne de fonder sa propre boîte de nuit. Un concours de circonstances va amener ces deux rêveurs à se rencontrer, puis à s'aimer, solidairement soudés par les vicissitudes de la vie d'artiste. L'espoir professionnel renaît quand un groupe offre à Sebastian un lucratif job de claviériste, et que Mia trouve le courage d'écrire son propre one-woman-show. Mais plutôt que de les rapprocher, le succès creuse un fossé entre eux.

Après l'intimiste WHIPLASH, Damien Chazelle continue de conjuguer au cinéma sa passion pour le jazz, à travers cette fois un projet de plus grande envergure, tout aussi satisfaisant, sinon davantage, que le précédent. Sur le thème de la pureté artistique et sentimentale, son film sans compromis séduit par sa réalisation ambitieuse, élégante, sans traces d'effort.

POURQUOI LUI?

États-Unis. 2016. 111 min.

Comédie sentimentale de John Hamburg avec Bryan Cranston, James Franco, Zoey Deutch, Megan Mullally, Keegan-Michael Key, Griffin Gluck, Zack Pearlman, Cedric The Entertainer.

Étudiante à l'université Stanford, Stephanie Fleming invite son père Ned, sa mère Barb et son frère cadet Scotty à venir passer Noël en Californie avec elle. Pour la jeune femme, cette réunion familiale sera l'occasion de présenter son nouvel amoureux, Laird Mayhew. Millionnaire du web excentrique et vulgaire, ce dernier fait le pari que d'ici Noël, Ned consentira à son mariage avec Stephanie. La conciliante Barb et l'allumé Scotty sont vite gagnés à la cause de cet hôte candide et imprévisible. Mais le papa surprotecteur et collet monté de Stephanie s'oppose fermement à ce mariage, contraire à tous ses principes.

La recette est connue et, bien que dédouané in extremis, le sexisme de l'intrigue agace. Mais l'humour outrancier fait parfois mouche, de même que certaines observations sur les clivages intergénérationnels. Davantage en mode "Malcolm in the Middle" que TRUMBO, Bryan Cranston singe et grimace, face à un James Franco rigolo et attachant dans un numéro qu'il connaît par coeur.

THÉÂTRE DE LA VIE

Canada. 2016. 94 min.

Documentaire de Peter Svatek.

Durant l'exposition universelle de Milan en 2015, des chefs de renommée internationale préparent, à partir des excédents alimentaires des cuisines des différents pavillons, des plats pour les sans-abris et les réfugiés. Initiative du chef Massimo Bottura, dont le restaurant Osteria Francescana à Modène est considéré comme une des meilleures tables au monde, cette "soupe populaire gastronomique" prend place dans le grand hall d'un ancien théâtre de Milan, rouvert grâce aux efforts du père Giuliano. À travers la préparation de ces mets aussi appétissants que nutritifs, la caméra s'attarde aux destins de six déshérités de la société qui fréquentent ce refuge rebaptisé "Refettorio Ambrosiano", décoré par des artistes italiens chevronnés.

À la fois culinaire, artistique et humaniste, cette initiative du chef Massimo Bottura force l'admiration. Son vibrant plaidoyer pour la fin du gaspillage et un accès universel à la nourriture porte haut et fort. En revanche, les portraits des déshérités, bien que sentis, sont trop succincts. Et malgré sa vivacité, la mise en images apparaît plutôt répétitive.

LE VOYAGE DE FANNY

France. 2016. 94 min.

Drame de guerre de Lola Doillon avec Léonie Souchaud, Fantine Harduin, Juliane Lepoureau, Ryan Brodie, Anaïs Meiringer, Lou Lambrecht, Igor van Dessel, Victor Meutelet, Cécile de France, Stéphane De Groodt, Malonn Lévana, Lucien Khoury, Alice D'Hauwe.

Juin 1943. Fanny, juive de 13 ans, et ses deux jeunes soeurs, Érika et Georgette, ont trouvé refuge à la campagne dans un pensionnat au milieu d'autres enfants persécutés. Mais les activités de résistance de l'établissement sont dénoncées et les enfants sont contraints de partir en catastrophe. Ils sont recueillis par madame Forman, la directrice d'une autre école qui, sous des dehors froids et rigides, cache une grande générosité. Dans ce nouveau havre de paix, Fanny se lie d'amitié avec Élie, un adolescent beau parleur qui prétend avoir des amis dans la Résistance. Mais le répit est de courte durée. En effet, le mois suivant, le 25 juillet, Mussolini est arrêté. Craignant pour la sécurité des enfants, madame Forman organise leur fuite vers la Suisse. Étant un des plus vieux, Élie, que tous doivent maintenant appeler Étienne, prend la tête d'un groupe constitué de Fanny, Érika, Georgette et six autres petits juifs. Mais un concours de circonstances va faire en sorte que les enfants se retrouveront livrés à eux-mêmes.

Filmée à hauteur d'enfant, cette adaptation soignée du livre de Fanny Ben-Ami s'avère charmante, voire touchante par moments, malgré son traitement académique et par trop mélodramatique sur la fin. Néanmoins, dans certains plans, Lola Doillon restitue avec simplicité toute l'innocence de l'enfance, bien servie par la lumineuse Léonie Souchaud.