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21/12/2016 08:40 EST | Actualisé 22/12/2017 00:12 EST

Brésil/Petrobras: Odebrecht et sa filiale CNO condamnés à payer près de 190 millions d'euros de pénalités à la Suisse

La justice suisse a condamné mercredi le groupe brésilien de BTP Odebrecht et sa filiale CNO, au coeur du scandale de corruption autour de l'entreprise pétrolière Petrobras, à payer plus de 200 millions de francs suisses (187 millions d'euros) de pénalités.

"Cette condamnation intervient dans le cadre d'une clôture de la procédure initiée par la Suisse et coordonnée avec le Brésil et les Etats-Unis", a indiqué le ministère public de la Confédération (MPC, procureur général), dans un communiqué.

Dans ce texte, le MPC explique avoir condamné Odebrecht et sa filiale car les deux entreprises "n'ont pas pris toutes les mesures d'organisation raisonnables et nécessaires pour empêcher la corruption d'agents publics étrangers et le blanchiment d'argent".

Dans le contexte de l'affaire de corruption internationale entourant l'entreprise brésilienne Petrobras, la justice suisse mène depuis 2014 environ 60 enquêtes pénales.

C'est sur la base d'annonces faites au Bureau suisse de communication en matière de blanchiment d'argent concernant des relations bancaires suspectes que la justice suisse a pu identifier "des paiements corruptifs de diverses entreprises du secteur de la construction (...) pour des attributions de marchés", via plusieurs sociétés offshore.

"Ces paiements ont ainsi pu être imputés entre autres à la société Odebrecht SA et à sa filiale Construtora Norberto Odebrecht SA (CNO), sociétés qui ont leur siège au Brésil", explique le MPC.

L'enquête sur les détournements de fonds de Petrobras a mis au jour un vaste système de corruption autour du géant étatique pétrolier brésilien qui fait trembler toute la classe politique brésilienne.

Les marchés de sous-traitance octroyés par Petrobras aux plus grands groupes de BTP du pays étaient systématiquement surfacturés de 1 à 5% avec la complicité de dirigeants de l'entreprise nommés par les principaux partis de l'ancienne coalition au pouvoir, dont le PMDB de l'actuel président Michel Temer.

Une partie des commissions occultes versées en marge de ces marchés truqués était reversée sous forme de pots-de-vin à des dizaines d'hommes politiques, de tous bords, pour financer leurs campagnes électorales.

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PETROBRAS - PETROLEO BRASILEIRO