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21/12/2016 03:20 EST | Actualisé 22/12/2017 00:12 EST

Bahreïn: heurts entre policiers et partisans d'un dignitaire chiite

Des heurts ont opposé mercredi les forces de sécurité et des habitants d'un village de Bahreïn où vit retranché cheikh Issa Qassem, chef spirituel de la majorité chiite, déchu de sa nationalité pour avoir "encouragé le confessionnalisme", ont indiqué des activistes.

Les autorités ont fait état d'arrestations sans en préciser le nombre.

Les forces de sécurité, déployées massivement à Diraz, village chiite près de Manama, ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des dizaines de jeunes, sortis dans les rues pour protester contre l'opération policière, ont ajouté ces militants.

Les protestataires, dont des femmes habillées en noir, ont arboré des portraits de cheikh Issa Qassem, alors que certains jeunes jetaient des pierres en direction des policiers, selon des images postées sur Twitter, notamment par Feb14Media Network, organe d'un groupe d'opposition interdit.

Des heurts ont également eu lieu dans d'autres villages chiites, dont ceux de Beni Jamrah, Bilad al-Qadim, Chahrakan, a indiqué à l'AFP un activiste qui, parlant sous couvert de l'anonymat, a fait état d'au moins un blessé.

Pour sa part, le ministère bahreïni de l'Intérieur a indiqué sur Twitter avoir procédé mercredi matin à "l'arrestation de personnes recherchées dans certains villages" et à "des perquisitions dans leurs maisons".

Des sit-in de protestations sont organisés notamment à Diraz depuis que le cheikh Issa Qassem s'est vu retirer en juin sa nationalité.

Cheikh Issa, 75 ans, chef spirituel de la majorité chiite et adversaire du pouvoir sunnite à Bahreïn, est poursuivi en justice pour "collecte illégale de fonds" et "blanchiment".

Il a été déchu le 20 juin de sa nationalité, le ministère de l'Intérieur l'ayant accusé d'"encourager le confessionnalisme" et de "servir des intérêts étrangers", en allusion à l'Iran.

Cette mesure avait été critiquée par des ONG et des alliés occidentaux de Bahreïn, tout comme par l'Iran.

Bahreïn est le théâtre de troubles sporadiques depuis la répression d'un mouvement de contestation lancé en février 2011 dans la foulée du Printemps arabe.

Le principal groupe de l'opposition chiite, le mouvement Al-Wefaq, principal animateur de la contestation, a été dissous le 17 juillet par la justice.

Son chef, cheikh Ali Salmane, purge actuellement une lourde peine de prison pour complot contre le régime et incitation à la désobéissance.

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