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21/12/2016 09:34 EST | Actualisé 22/12/2017 00:12 EST

Attentat de Berlin: la police sur la piste d'un "dangereux" Tunisien

L'Allemagne a annoncé mercredi rechercher activement un demandeur d'asile tunisien de 24 ans, soupçonné d'être l'auteur de l'attentat au camion-bélier à Berlin, le plus grave jamais revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) dans le pays.

Anis Amri a été officiellement identifié par la justice anti-terroriste, qui dans un avis de recherche européen propose jusqu'à 100.000 euros de récompense.

"Anis Amri mesure 1,78 m, pèse environ 75 kg, il a des cheveux noirs et des yeux bruns. Il peut être violent et armé!" met en garde le parquet fédéral à l'attention de la population.

En parallèle, la police tunisienne a mené des interrogatoires des membres de la famille du suspect en Tunisie, selon une source sécuritaire.

"Quand j'ai vu la photo de mon frère dans les médias, je n'en ai pas cru mes yeux. Je suis sous le choc et je ne peux croire que c'est lui qui a commis ce crime", a réagi auprès de l'AFP Abdelkader Amri, frère du suspect. Mais "s'il s'avère qu'il est coupable, il mérite alors toutes les condamnations. Nous rejetons le terrorisme et les terroristes et nous n'avons aucune relation avec les terroristes".

- Déjà connu pour radicalisation -

Dès mardi soir, les autorités allemandes se sont mises à la recherche du Tunisien, après avoir relâché un premier suspect pakistanais mis finalement hors de cause.

Après avoir retrouvé des documents d'identité lui appartenant dans la cabine du camion ayant servi à l'attentat contre le marché de Noël, la police a d'abord tenté de le retrouver sans alerter l'opinion.

Environ 150 policiers ont notamment perquisitionné un foyer de réfugiés dans l'ouest du pays, à Emmerich, où l'homme a séjourné il y a quelques mois, selon des médias allemands. Faute de résultat, les autorités se sont résolues à publier un avis de recherche.

Surtout, les autorités allemandes disposaient d'une multitude d'indications sur la radicalisation et la dangerosité de ce demandeur d'asile, utilisant plusieurs identités, sans avoir réussi à l'expulser du pays ou à l'interpeller. Ce qui risque de nourrir dans les jours à venir la polémique en Allemagne.

L'homme était "classé dangereux", connu des services de sécurité, et appartenait "au milieu islamiste-salafiste", a dit un député, Stephan Mayer.

Un autre responsable allemand, Ralf Jäger, a révélé que le suspect avait été débouté en juin de sa demande d'asile et surtout qu'il faisait déjà l'objet d'une enquête pour soupçon de préparation d'attentat avant l'attaque qui a fait 12 morts et des dizaines de blessés lundi soir.

Il était soupçonné de vouloir commettre un braquage pour acheter des "armes automatiques et probablement ensuite, avec l'aide de complices qu'il voulait trouver, de commettre un attentat", a révélé la justice berlinoise dans la soirée.

Le suspect aurait été aussi en contact avec plusieurs recruteurs présumés de l'EI en Allemagne, selon la presse.

- Merkel critiquée -

Le parquet de Berlin, qui a récupéré l'enquête à son sujet en mars, s'est défendu face à la controverse naissante sur l'inefficacité de la justice en expliquant avoir surveillé de près le Tunisien. Mais en dehors d'une activité de "petit trafiquant de drogue" et une bagarre dans un bar, aucun élément justifiant son arrestation n'a été trouvé. Le dossier a été classé sans suite en septembre.

Dans le même temps, son expulsion n'a pu aboutir en raison d'un conflit administratif entre Tunis et Berlin. Selon les autorités allemandes, la Tunisie a refusé depuis juin de le reprendre en contestant qu'il soit l'un de ses ressortissants. La Tunisie n'a fini par le reconnaître, hasard de calendrier, que ce mercredi.

La Tunisie est l'un des plus gros fournisseurs de combattants étrangers aux mouvements jihadistes. Quelque 5.500 Tunisiens sont partis ainsi combattre en Syrie, en Irak ou en Libye.

Selon des médias allemands, le suspect pourrait être blessé après avoir percuté le marché avec le camion, dont la cabine était très abîmée. Des traces de sang y ont été retrouvées et la police a effectué des vérifications dans des hôpitaux berlinois, selon ces médias.

La police a indiqué examiner plus de 500 indices (traces ADN recueillies dans le camion, vidéo-surveillance, des témoignages...)

Le chauffeur routier polonais en titre du camion, retrouvé tué par balle dans la cabine et à qui l'assaillant a apparemment volé le véhicule, a probablement cherché à empêcher l'attentat, selon des médias allemands. Il aurait tenté de s'emparer du volant et aurait forcé l'auteur de l'attentat à s'arrêter plus tôt que prévu.

Berlin n'a pas encore authentifié la revendication de l'EI, mais le parquet antiterroriste a jugé que la cible et le mode opératoire signaient l'acte jihadiste : les circonstances rappellent l'attaque au camion-bélier le 14 juillet à Nice en France (86 morts), revendiquée par l'EI.

Les mesures de sécurité ont été renforcées à Berlin et un débat s'est engagé en Allemagne à la fois sur la nécessité de protéger davantage les lieux publics et autour de la politique d'immigration de la chancelière Angela Merkel.

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