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20/12/2016 02:41 EST | Actualisé 21/12/2017 00:12 EST

Ce qu'on sait de l'assassinat de l'ambassadeur russe en Turquie

L'ambassadeur de Russie en Turquie a été assassiné lundi à Ankara par un policier turc, qui a affirmé agir pour venger le drame de la ville d'Alep, en passe de tomber aux mains du régime syrien soutenu par Moscou.

Le diplomate Andreï Karlov a été abattu de plusieurs balles alors qu'il prenait la parole à l'inauguration d'une exposition d'art dans la capitale turque.

Son assassin, un policier rattaché au corps des forces anti-émeutes d'Ankara, a été tué par les forces de sécurité.

Voici ce qu'on sait de cet événement.

- Le déroulement des faits -

Il est 19H05 (16H05 GMT), M. Karlov s'exprime au pupitre à l'occasion d'une exposition photographique dans une galerie d'art à Ankara. Soudain, des coups de feu éclatent: le diplomate tressaille sous l'impact des balles, puis s'effondre lourdement.

Brandissant son pistolet, l'assaillant en costume sombre et cravate, affirme avoir agi pour venger le drame de la ville d'Alep.

Selon le ministre turc de l'Intérieur, Süleyman Soylu, des policiers d'un commissariat voisin et une équipe des forces d'intervention spéciales se sont immédiatement rendus sur place pour neutraliser le tireur, tué peu après.

Le diplomate russe arrive à l'hôpital Güven à 19H53 (16H53 GMT), où les secouristes tentent en vain de le réanimer.

Selon la municipalité de Cankaya, où a eu lieu l'assassinat, le tireur est entré dans la galerie sans passer par le détecteur de métaux. Interpellé par les agents de sécurité, il a montré son badge de policier et a ainsi été autorisé à entrer, sans avoir à craindre les portiques de sécurité et les caméras installés à chaque étage de la galerie d'art.

- L'assaillant -

Agé de 22 ans, Mevlüt Mert Altintas servait depuis deux ans et demi dans les forces de la police anti-émeute à Ankara. Né à Söke, dans la province d'Aydin (ouest de la Turquie), il était diplômé de l'académie de police d'Izmir (ouest), a indiqué M. Soylu.

Si le mobile de cet acte reste à déterminer, l'assaillant a fait référence à la Syrie et à Alep. "N'oubliez pas Alep, n'oubliez pas la Syrie!", lance-t-il après avoir crié "Allah Akbar" et évoqué en arabe "ceux qui ont fait allégeance au jihad".

Le maire d'Ankara, Melih Gökçek, a estimé que l'assaillant pouvait être lié au réseau du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par le gouvernement turc comme l'instigateur du putsch manqué en juillet. Une thèse largement reprise mardi par la presse progouvernementale.

Six des proches de M. Altintas, dont ses parents et sa soeur, étaient en garde à vue mardi à Aydin, selon l'agence de presse Dogan.

- La victime -

Andreï Karlov, âgé de 62 ans, était un diplomate expérimenté qui a servi en Turquie à une période charnière pour les relations entre Moscou et Ankara.

Arrivé en 2013 à Ankara, il aura contribué au renforcement des relations entre la Russie et la Turquie, qui s'étaient brutalement dégradées après la destruction d'un avion russe par l'armée turque à l'automne 2015.

Leurs liens se sont toutefois réchauffés ces derniers mois et l'ambassadeur russe a joué dans ce cadre un rôle important, selon les dirigeants turcs qui lui ont rendu hommage.

Marié, père d'un enfant et parlant couramment l'anglais et le coréen, M. Karlov a notamment été en poste en Corée du Nord et en Corée du Sud.

- Le contexte -

L'assassinat est survenu la veille d'une rencontre cruciale consacrée à la Syrie entre les chefs de la diplomatie de la Russie, de la Turquie et de l'Iran.

Au moment de l'attaque, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, se trouvait dans un avion pour Moscou.

La rencontre tripartite avait lieu mardi, les responsables turcs comme russes affirmant que cette attaque visait à porter préjudice aux relations russo-turques, mais que cet objectif ne serait pas atteint.

La Turquie et la Russie restent opposées sur la Syrie, où Moscou soutient le président Bachar al-Assad et Ankara l'opposition qui cherche à le renverser depuis 2011.

De nombreux contacts diplomatiques entre Ankara et Moscou ont toutefois permis de lancer un processus d'évacuation des quartiers rebelles de la ville d'Alep.

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