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19/12/2016 17:37 EST | Actualisé 20/12/2017 00:12 EST

Un photographe de l'AP témoin du meurtre de l'ambassadeur russe en Turquie

ANKARA, Turquie — L'événement semblait sans histoire, l'inauguration d'une exposition de photographies de la Russie. Alors lorsqu'un homme en habit noir et cravate a sorti une arme à feu, j'étais abasourdi et j'ai cru à une mise en scène.

Il s'agissait plutôt d'un meurtre froidement préparé, se déroulant devant mes yeux et ceux d'autres personnes qui ne savaient pas où se terrer, terrifiées, alors que l'homme aux cheveux courts tirait sur l'ambassadeur russe.

Les coups de feu — au moins huit ont été tirés — ont résonné fortement dans la galerie d'art. Les gens criaient, se cachaient derrière des colonnes et sous des tables et se jetaient au sol. J'étais effrayé et confus, mais j'ai pu me dissimuler en partie derrière un mur et faire mon travail: prendre des photos.

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Note de la rédaction: le photographe de l'Associated Press Burhan Ozbilici assistait à une exposition de photos, lundi, quand un policier turc en habit et cravate a ouvert le feu, tuant l'ambassadeur russe en Turquie. Il relate comment il a capté la scène chaotique avec son appareil malgré le danger.

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Quand je suis arrivé, les discours avaient déjà commencé. Après que l'ambassadeur russe Andreï Karlov eut commencé son discours, je me suis approché pour le prendre en photo.

Il parlait doucement et — de ce que je pouvais percevoir — avec amour de son pays natal, s'interrompant à l'occasion pour permettre au traducteur de relayer ses propos en turc.

Puis sont survenus les coups de feu en succession rapide, semant la panique dans le public. Le corps de l'ambassadeur reposait au sol, à quelques mètres de moi. Je n'apercevais aucune trace de sang; je crois qu'il avait peut-être été atteint au dos.

Il m'a fallu quelques secondes pour réaliser ce qui venait de se passer: un homme était mort devant mes yeux, une vie avait été fauchée devant moi.

Je me suis reculé et éloigné vers la gauche.

L'homme armé était agité. Il a marché autour du corps de l'ambassadeur, frappant certaines des photos au mur.

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J'étais, bien sûr, conscient du danger si l'homme armé devait se tourner vers moi. Mais je me suis avancé un peu et l'ai pris en photo alors qu'il semait la terreur de son audience captive.