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19/12/2016 09:53 EST | Actualisé 19/12/2016 09:56 EST

Ils ont marqué le théâtre à Montréal en 2016

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Avec sa scène théâtrale foisonnante, ses jeunes créateurs qui bousculent les plus vieux et ses artistes d’expérience qui nous rappellent pourquoi ils durent depuis si longtemps, Montréal mise sur son lot de créateurs qui méritent notre admiration. Voici ceux qui ont retenus notre attention.

Le duo d’acteurs les plus complices

Après avoir travaillé ensemble dans la télésérie Rumeurs, le film Jaloux et la pièce Après la fin, Sophie Cadieux et Maxime Denommée sont comme deux instruments parfaitement accordés pour jouer ensemble. Pas étonnant que leur réunion dans la pièce Des arbres (La Licorne), une œuvre fine et lucide sur la parentalité, ait été couronnée de succès et qu’une reprise soit déjà prévue à l’automne 2017.

La pièce que l’on ne pensait pas pouvoir aimer

Même si Après (Théâtre d’Aujourd’hui) est un texte du brillant Serge Boucher et que la grande Maude Guérin y défendait un rôle, on avait un lot d’appréhensions à l’idée d’assister à une pièce ressemblant beaucoup, quoi qu’en dise l’auteur, à l’affaire Guy Turcotte. Loin de faire l’unanimité, l’œuvre nous est apparue comme une ode aux nuances de l’humanité.

Le monologue qui nous a cassés en deux

L’adaptation théâtrale du puissant roman de Larry Tremblay, L’Orangeraie (Théâtre Denise-Pelletier), s’est révélée plus froide qu’on l’aurait espéré pendant la première moitié, mais la façon dont le jeune Amed (Gabriel Cloutier-Tremblay) raconte ce qu’il a compris de la guerre et de la violence nous a remué le cœur à jamais.

La scénographie la plus habile

Certains diront qu’il est cliché de choisir la création de Robert Lepage, 887 (TNM), mais comment faire autrement que de saluer l’ingéniosité qui a permis à l’artiste de nous faire visiter les unités du bloc appartement de son enfance et l’intérieur de sa demeure actuelle, en nous replongeant au passage dans l’histoire du Québec et de la dramaturgie, avec un mélange de techno et de clins d’œil aux codes théâtraux? Mention spéciale à Lepage le comédien, qui a également ébloui les amateurs de théâtre en interprétant le marquis de Sade dans Quills (Usine C).

La pièce la plus nécessaire

Un texte qui ouvre les esprits, qui confronte et qui permet de mieux comprendre un pilier de la société québécoise, dans ses nuances, dans ses contradictions et dans son évolution: J’aime Hydro (FTA, La Licorne) est un bijou d’intelligence, de sensibilité, d’humour et de vérité. On a déjà hâte de voir l’œuvre dans son entier à l’Usine C au printemps prochain.

Le solo le plus mémorable

On savait Micheline Bernard dotée d’un talent unique, mais sa prestation dans Des promesses, Des Promesses (La Licorne) nous a littéralement soufflés. Évoluant dans une scénographie très sobre, qui laissait toute la place aux mots et à son interprétation, l’actrice était portée par une sorte de grâce en jouant une enseignante dure et amère, qui s’avère la plus humaine et la plus douée pour protéger ses élèves des mâchoires du monde.

La révélation de l’année

Le théâtre musical semble plus en santé que jamais au Québec, grâce à la grandiloquente production Mary Poppins, et surtout grâce à son interprète principale, Joëlle Lanctot, l’une des rares artistes capables de chanter, danser et jouer avec autant de panache et de conviction. On peut désormais la classer parmi les Kathleen Fortin et Geneviève Charest de ce monde. Une valeur sûre.

Le texte le plus troublant d’actualité

Portant sur la surveillance outrancière de l’État, la pièce 1984 (Théâtre Denise-Pelletier) a été présentée en première à Montréal la semaine où l’on apprenait que des policiers avaient mis sur écoute Patrick Lagacé et plusieurs autres grands journalistes d’enquête du Québec. Difficile d’avoir un meilleur timing.

La performance qui dépasse les attentes

On sait Guylaine Tremblay follement talentueuse. Le public et ses pairs ne cessent de la récompenser depuis des années. Les spectateurs chez Duceppe s’attendaient donc à une interprétation plus que relevée dans Encore une fois si vous permettez. Non seulement ont-ils été servis, mais ils pourront même dire « j’ai vu Guylaine jouer du Tremblay », tant l’actrice fait sienne la nana du petit Michel.

L’idée la plus controversée

Il en fallait de la détermination pour monter un docu-théâtre sur l’affaire Villanueva, sans l’accord de la famille du défunt, avec la volonté de donner la parole à tous les intervenants du conflit et en incluant dans la pièce l’un de ceux qui s’opposent à sa présentation. Fidèle à son habitude, Annabel Soutar offre une œuvre percutante, éclairante, touchante et brillamment construite, qui nous permet de comprendre les causes systémiques qui ont mené au triste événement.

La pièce qui aurait mérité encore plus de succès

Après la tournée acclamée des Trois exils de Christian E., il est surprenant que les salles du Théâtre d’Aujourd’hui n’aient pas été combles pour les représentations de sa « suite », Le long voyage de Pierre-Guy B. Surtout quand on sait à quel point la nouvelle oeuvre du tandem Essiambre/Soldevila s’est révélée divertissante, intelligente et surprenante.

La feel-good pièce de l’année

Une réflexion sur la sincérité et la force de nos amitiés. Un temps d’arrêt pour repenser à nos rêves et nos aspirations. Un week-end au chalet durant lequel quatre amies se réunissent après la mort de l’une des leurs, avec ce que ça implique de souvenirs, de vérités douces-amères et de folies. Coco (La Licorne) est une œuvre qui ébranle et qui réconforte à la fois.

L’adaptation la plus grisante

Tout en jouant avec conviction les codes théâtraux classiques de la pièce Le Timide à la cour (Théâtre Denise-Pelletier), les comédiens se permettent des regards, des réactions et même des temps d’arrêt pour commenter le traitement de la femme au 17e siècle. Tout simplement jouissif!

Les décors les plus évocateurs

Un petit bar avec tabourets, quelques lanternes, des extraits de calligraphie nipponne et une affiche évoquant l’excentricité et la technologie si chères aux yeux de certains Japonais: nous voilà catapultés au Pays du soleil levant, en découvrant L’écolière à Tokyo (Salle Fred-Barry).

L’acteur le plus polyvalent

Non seulement Emmanuel Schwartz a-t-il été à l’affiche du TNM en jouant dans En attendant Godot et en défendant le rôle-titre dans Tartuffe, mais il a également interprété une dizaine de personnages dans Les Événements (La Licorne), personnifiant tour à tour un tueur, un thérapeute, un chef politique, un père et un religieux avec un talent époustouflant.

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